

Les gens que l’on croise sur le Web, on ne les connait pas vraiment, on ne voit qu’une partie de leurs goûts. Par exemple, je ne connaissais Éric Tavernier qu’à travers sa passion pour Moebius et j’ignorais tout de son rapport à la musique rock — il a traduit À contre-courant : L’épopée du label 4AD de Martin Aston (éditions Allia).
Dans la forêt lointaine
The Cure, A Forest est un petit livre publié par Le Boulon dans la collection seveninches qui se concentre sur un single. Tavernier raconte non seulement l’histoire du titre, mais aussi la place qu’il occupe dans l’histoire de The Cure, et la place du groupe dans le monde musical de l’époque. Ça m’a l’air super pointu (je n’ai lu aucun autre ouvrage sur The Cure, alors je ne peux guère juger) et décrit très précisément comment le morceau a été créé et enregistré. Avec tous les tenants et aboutissants de l’inspiration de Robert Smith à l’époque — alcool en quantité exagérée et relation amoureuse houleuse.
Les analyses sont aussi intéressantes parce qu’elles couvrent les hypothèses les plus courantes et ne se contentent pas d’un seul point de vue. Un petit bouquin que j’ai lu avec beaucoup de plaisir parce que A Forest est probablement mon titre préféré du groupe.
On entend le hibou
Je vais quand même faire deux remarques plus nuancées. Le morceau a connu un regain de popularité grâce au film L’amour ouf de Gilles Lellouche et on a droit à un gros sticker rouge imprimé en couverture. Bof. Et les parties les plus faibles du livre concernent la façon dont Tavernier a découvert, puis apprécié le titre, alors qu’il était encore tout jeune. Il manque un petit quelque chose pour nous embarquer avec lui et rendre l’expérience de l’excitation de cet âge. Mais ce ne sont que des broutilles par rapport au reste.
Killing a Tree
J’ai déjà parlé du titre en découvrant un sympathique mashup mixant A Forest et le Daniel de Bat for Lashes — à lire ici.
Je vous mets une version live de 1992 — personnellement, je l’écoute dans la version de l’album Live 1984.
Et, plus exotique, une excellente reprise électro de Alva Noto, toute en retenue et accords étirés.







Je partage ta petite madeleine volontiers.
Avec feu Andy Anderson,le batteur-noir-de-the-cure,le titre prend une ampleur hypnotique, une dynamique que l’on aimerait retrouver sur 100 years.
Tous les bootlegs de 1983/84 sont remarquables.
Je vois que j’ai affaire à un vrai amateur.