

Cela faisait longtemps que Tehem (ou Téhem, les historiens se disputent encore sur l’orthographe exacte) n’avait pas réalisé un album en tant qu’auteur complet (Avocat du diable, chez Delcourt était un recueil de gags). Avec Les grandes personnes – Récits du naufrage de la Belle Héloïse, publié chez Dargaud, il livre une espèce de conte philosophique qai rappelle Gulliver, mais pas que.
Quand je serai grand, je serai cannibale
À force de voir Tehem travailler sur les scénarios des autres, j’ai été tout surpris de la sortie de cet ouvrage en solo. Et c’est une bonne surprise.
Émilien, fils de marchand, reprend le commerce paternel. Mais la fougue de la jeunesse peut conduire aux plus grandes catastrophes. Et le voilà naufragé sur une île peuplée de créatures étranges où il apprendra dans la douleur à reconsidérer sa vraie place dans l’Univers.
Écolo=bobo
Lorsqu’il m’arrive de réfléchir à des projets d’albums éventuels (un vrai luxe pour moi en ce moment), je me demande comment adapter mon goût personnel aux tendances éditoriales actuelles (il faut bien convaincre les éditeurs que l’on ne va pas faire des aventures à l’ancienne, bon, sauf peut-être chez Paquet). Tehem aborde des thématiques très contemporaines avec une originalité rafraîchissante. Émilien est l’exemple type du mâle blanc imbu d’une supériorité bien relative et il va tomber de haut une fois plongé dans un univers où il n’est pas reconnu pour ce qu’il croit être. En opposition, l’esclave Prudence va trouver sa place grâce à ses compétences. Ils se retrouvent tous les deux naufragés sur une île aux habitants, plantes et animaux étranges, un biotope où il faudra s’adapter. Pour le coup, j’ai été impressionné. Tehem développe, en plus de deux peuplades géantes, tout un écosystème avec plantes et insectes zarbis mais cohérents. Je rajoute que l’approche narrative, qui rejoint quelque peu son Quartier Western avec une narration à la Rashōmon, qui raconte une même histoire vue par des protagonistes différents.
Il en résulte une histoire surprenante aussi bien dans l’approche de thèmes contemporains que dans l’univers visuel développé. J’ai cru qu’il y aurait peut-être une suite (il y a un petit mystère non élucidé), mais ça ne semble pas d’actualité. Espérons que le prochain ouvrage en solo ne mettra pas autant de temps à voir le jour.








Téhem (pour ma part j’ai tranché, tant pis pour les lettres de menaces)et ”rafraîchissant” c’est vraiment le mot.
Son approche du récit et de la planche ne cessent de séduire.
Ne l’ayant pas lu encore j’arrête mon verbage.
Les sorties bd de ces derniers temps m’enchante;entre un Thierry Martin,Pomes Gabrion (prochainement !)et même un certain namurois qui multiplie les projets au long cours alléchants et qui pour la première fois depuis longtemps en concrétise un (en Mai dans Spirou d’abord)
A part ça, Les chroniques de l’abolition étaient remarquables…
Plus qu’à le lire…