Les sept morts d’Evelyn Hardcastle (Stuart Turton – 10/​18)

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Pour une fois, la quatrième de couver­ture ne pipeaute pas : imagi­nez un mélange d’Un jour sans fin, de Downton Abbey et d’Agatha Chris­tie et vous obtenez Les sept morts d’Evelyn Hardcastle. À partir de là, je crois que tout est dit et, au risque de divul­gâ­cher comme un gros goret, je ne peux pas en dire plus.

La fin d’une boucle

Bon, on va quand même un peu développer.
Et donc, Aiden Bishop se réveille au milieu de la forêt avec en tête l’intuition qu’un meurtre est en train de se perpé­trer et le nom d’une certaine Anna. Mais, il est petit, faible, terri­ble­ment trouillard. Et donc, Aiden Bishop se réveille dans une chambre de la décré­pite mais imposante ancienne demeure des Hardcastle. Il est énorme, parti­cu­liè­re­ment intel­li­gent et se rappelle de tout ce qui s’est passé la journée précé­dente. Et donc, Aiden Bishop se réveille …

Bon, vous avez compris le principe. Il y a un meurtre et le person­nage princi­pal comprend vite qu’il a intérêt à le résoudre s’il veut sortir de ces cycles. Sauf que les gens et les circons­tances semblent se liguer contre lui.

Le concept du roman est très intri­gant si on est amateur d’énigmes à la Agatha Chris­tie. Stuart Turton fait du bon boulot et développe une espèce d’univers post-victo­rien grima­çant avec une bonne socié­té pourrie mais sans oublier la domes­ti­ci­té (la tendance Downton Abbey). La faiblesse éventuelle du roman c’est le côté évidem­ment très artifi­ciel du début. On ignore tout du véritable univers caché derrière cette enquête, il y a pléthore de person­nages mysté­rieux, le héros rame comme pas possible et je n’ai pas pu m’empêcher de grogner parce que s’il est facile d’intriguer, une résolu­tion satis­fai­sante est toujours plus compli­quée à réussir. Et dans le cas des Sept morts d’Evelyn Hardcastle, il faut attendre les 3/​4 du roman pour commen­cer à comprendre que Turton ne se fiche pas de notre tête. J’ai alors vraiment pris du plaisir aux rebon­dis­se­ments. La fin m’a beaucoup plu avec des théma­tiques très inhabi­tuelles pour le genre Agatha Chris­tie (la tendance Un jour sans fin). Dans le genre, j’imagine que l’on peut consi­dé­rer que c’est un ouvrage vraiment à part.

Au final, un policier très malin (et dont je n’ai pas trouvé de faiblesse struc­tu­relle) mais qui pourra sûrement agacer certains lecteurs par l’artificialité du début qui est un gros morceau à avaler avant de vraiment s’amuser. Je serai très curieux de le voir sur écran, je suis sûr que ça pourrait faire un film intéres­sant (le scéna­riste doit être prêt à s’arracher quelques cheveux) surtout que ça doit se relire facile­ment juste pour avoir le plaisir d’avoir un temps d’avance sur le pauvre héros et d’apprécier les person­nages à leur juste valeur.

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