Slow West, un western un peu à côté de John MacLean

SlowWest_Poster-affiche

Si vous pouvez le choper sur Arte, n’hésitez pas à vision­ner Slow West de John MacLean, un western indépen­dant délicieu­se­ment ironique et émouvant à la fois.
Jay Caven­dish (Kodi Smit-McPhee qui a exacte­ment le physique du rôle), adoles­cent exalté et fils de lady Caven­dish, erre sur les routes du grand Ouest à la recherche de sa bien aimée Rose, fille de paysan qui a fuit l’Écosse et dont la tête est mise à prix. Deux mille dollars c’est une sacrée somme. Et ça attire les chasseurs de primes. Grâce au Ciel, Jay croise la route de Silas (Michael Fassben­der) pour le guider à travers les embûches du Colora­do. À moins que ce ne soit pas une coïnci­dence.

Le modèle du film est claire­ment le Dead Man de Jim Jarmush (un de mes westerns fétiches qu’il faudra que je chronique un jour) avec deux person­nages dissem­blables qui cheminent ensemble dans un Ouest peuplé de person­nages étonnants et d’une violence désolante. Comme le dit le méchant, le couple est la rencontre entre un ange qui tombe et un démon qui s’élève. Silas vit dans un monde sans espoir où seule la force compte, Jay rêve d’amour, de poésie et de machines volantes qui rejoin­dront la Lune. Les deux person­nages vont se conta­mi­ner l’un l’autre pour aboutir à une fin aperçue en rêve.

C’est un petit film très soigné dans sa forme et, comme souvent avec les films qui refusent de jouer le jeu du western classique, dit plus de choses sur la réali­té de l’époque que les œuvres de John Ford — états-uniens aux accents divers, déses­poir des colons confron­tés à un monde hostile, ignomi­nie du massacre des popula­tions indigènes trans­for­més en symboles pratiques. MacLean réussit même à caser un Chinois et un Japonais, ce qui n’est pas un mince exploit. Et il y a la scène la plus désolante de toute l’histoire du western.

J’ai vu des clins d’œil à Pale Rider et Missou­ri Breaks.

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4 commentaires

  • Pour l’anec­dote, ce western a été tourné en Nouvelle-Zélande (par un Écossais).
    Sinon j’adore Dead Man aussi, du coup je suis impatient de lire ton éventuelle critique.

    • Oui, je n’ai pas préci­sé (et aussi en Écosse pour les scènes écossaises). Ce ne sera pas tout de suite le Dead Man, j’ai trop de retard dans mes films.

  • Et en plus il y a un méchant philo­sophe ? (pas de spoiler surtout, je ne veux pas savoir qui c’est : comme j’ai adoré Dead Man, je veux voir celui-là aussi).

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