La fin du Donjon (Trond­heim, Sfar, Alfred & Mazan – Delcourt)

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On prend un coup de vieux quand on devient nostal­gique d’une époque que l’on a connu adul­te… À la fin des années 90, Trond­heim et Sfar créent une série fantasy, genre à la mode à l’époque, Donjon, qui tient autant de la paro­die que de la propo­si­tion d’un univers bien plus riche que ce que l’on croise à l’époque en bandes dessi­nées. Prévue pour 300 albums répar­tis sur trois périodes distinctes mais cinq séries diffé­rentes, elle rameute la fine fleur d’une nouvelle géné­ra­tion d’au­teurs proche de l’Asso­cia­tion ou en deve­nir – Blain, Blutch, Menu, Larce­net pour n’en citer que quelques uns. Mais le bouillon­ne­ment d’idées du départ s’es­souffle au moment où les auteurs prin­ci­paux passent la main au bout de quatre albums chacun. Jouant sur les clins d’œil aux person­nages ou aven­tures précé­dentes, multi­pliant les scènes d’ac­tion bien pratiques pour meubler, de nouveaux dessi­na­teurs moins à l’aise peut-être, la série se réfu­gie dans la variante Mons­ter qui voit un dessi­na­teur faire un unique album, ce qui permet plus de liberté. Et au final, dans une une courbe asymp­to­tique truquée, elle finit par s’ar­rê­ter.

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dessin Alfred

Trond­heim, qui conti­nue dans la même veine avec sa série actuelle Ralph Azham, voulait quand même boucler l’af­faire et c’est fait avec deux albums sortis simul­ta­né­ment: Haut Septen­trion dessiné par Alfred et La fin du Donjon dessiné par Mazan (il avait déjà réalisé le premier Mons­ter).

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J’avoue que je n’ai pas eu le courage de tout relire et j’ai été un peu perdu mais bon, globa­le­ment, il faut lutter contre le Grand Khan qui peut se réin­car­ner dans les membres de la famille Hubert et détruire les Objets du Destin qui ne sont qu’un leurre. Il y a donc beau­coup de bagarres et une fin conve­nable pour tous. Évidem­ment, ça ne révo­lu­tionne rien – il y aurait pu y avoir une fin ouverte, ça aurait été rigolo et peut-être plus « réaliste ». Après tout, ce n’est pas parce que nos héros prennent leur retraite que le monde arrête de tour­ner et qu’il n’y a plus d’aven­tu­riers sur les routes…

Deux albums qui donnent surtout envie de relire le début de la saga, quand tout semblait possible, quand l’Uni­vers était vaste et ouvert et les filles vous souriaient dans la rue.

dessin Mazan
dessin Mazan



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