Furieuse (Geoffroy Monde & Matthieu Burniat – Dargaud)

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Hubert est proba­ble­ment le scéna­riste ayant publié le plus d’albums du temps de sa mort (qu’il repose en paix, où qu’il soit). Sans compter que Beauté ou Ogres sont à l’origine d’un genre qui marque­ra les années 2010/​2020 : la fable médié­vale au message très contemporain. 

Fais chier cette épée de merde

Pour une raison qui m’échappe quelque peu, il semble­rait que ce soit la seule voie pour les auteurs qui essaient de racon­ter une histoire un peu adulte tout en permet­tant au dessi­na­teur de s’éclater en oubliant les docuBD et autres biogra­phies qui font la joie des libraires et des médias. Ce n’est proba­ble­ment pas aussi clivant que la SF, la fanta­sy ou l’horreur en récon­ci­liant amateurs de BD tradi­tion­nelles et lectrice grand-mère de Téléra­ma.

Furieuse semble rentrer confor­ta­ble­ment dans ce modèle. Le roi Arthur a vaincu les démons issus d’une porte inter­di­men­sion­nelle grâce à l’épée magique fournie par le magicien Merlin et bâti un royaume autre­fois prospère. Mais, à l’image d’un roi devenu à moitié sénile voire fou, le pays part à vau l’eau. C’est ce que va décou­vrir Ysabelle, la seconde fille d’Arthur, qui s’enfuit pour échap­per au mariage avec le baron de Cumbre. Comme sa sœur l’avait fait. La voilà donc partie sur les grands chemins avec juste l’épée de son père comme compa­gnie, une épée bavarde qui se révèle rapide­ment tendance psycho­pathe et qui la pousse vers la violence et la recherche du pouvoir.

Soyons honnête, je me suis jeté sur cet album parce qu’il y avait le nom de Mathieu Burniat sur la couver­ture. Et je n’ai pas été déçu de ce point de vue. Burniat crée des person­nages marquants visuel­le­ment et touche au génie avec son roi bavant et geignard. Son baron et l’acolyte mutique reste­ront aussi dans les annales.

Le mystère du grimoire dans la cabane au fond du jardin

Le scéna­rio m’a laissé un peu plus perplexe. Ça fonctionne plutôt bien, ça se lit bien, les person­nages veules croisées par notre héroïne sont d’une noirceur efficace mais, et ça va être diffi­cile à expli­quer sans divul­gâ­cher, la fin ne m’a pas convain­cu. Disons que ce qui parais­sait être une fable sombre finit en aventure façon manga avec une carte du royaume et des dessins hommages comme dans les albums pour jeunes. Et Geoffroy Monde triche quelque peu avec la vraisemblance :

  1. le mystère de l’épée qui ne recon­nait pas
  2. le mystère du magicien qui oublie ses affaires dans le déménagement
  3. le mystère du magicien qui oublie ses pouvoirs

Enfin, si je ne suis pas contre des dialogues modernes pour faire la blague ou créer un décalage, j’ai eu un peu de mal à digérer l’expression orale de la princesse qui tient plus de l’influenceuse Insta­gram que de Diana. Est-ce que je me suis fait une fausse idée de l’ensemble ? Le fiston a trouvé ça super. Il semble­rait donc que le plaisir de la lecture dépende en partie de votre âge.

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