Donito t.1 La sirène des Caraïbes (Conrad – Dupuis)

Donito, le petit pêcheur de perles qui peut vivre sous l’eau grâce à une algue magique, a fort à faire avec une sirène très sexy mais dévoreuse d’humains et un gouverneur bête comme ses pieds. Aidé de ses amis aquatiques, il saura s’en tirer comme un chef… Après le succès du « Piège malais » qu’il a réalisé sans son complice habituel Yann, Conrad s’attaque au public jeune avec un album magnifique en couleurs directes. Malheureusement, l’humour décalé de la série ne trouvera pas un public très large et elle s’arrêtera au bout de quelques albums. Ce sera le chant du cygne d’un dessinateur dont le travail a inspiré énormément de gens. Héritier de l’école franco-belge tendance Franquin, il a su la dynamiser et l’ouvrir à une BD plus moderne. Malheureusement, Conrad semble s’être désintéressé des possibilités graphiques du média, se contentant d’assurer sans gros efforts un dessin minimal dans ses dernières productions, au point que ses héritiers semblent être « plus conradesques » que leur idole…

un gros poisson rouge
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41 commentaires

  • Bonjour.

    Après quelques visites, je me permets ce jour de poster un commentaire. En toute simplicité. Je suis entièrement d’accord avec votre billet du jour. Quel gâchis!
    Il est étonnant que Donito n’ait jamais rencontré son public…
    Mystère!

    PS : un imprévu m’a empêché de venir vous saluer, hier, place de la République. Une autre fois. Car si j’avais oublié (encore pardon) le nom des auteurs, j’avais grandement apprécié la lecture de fantômes blancs.

    Al, transfuge de blogobulles!

  • Merci pour ce sympathique message, Al :-) Quant aux réussites artistiques boudées par le public, malheureusement l’histoire de la BD (et de l’Art en général) en est remplie…

  • Donito était une série graphiquement magnifique, prébubliée dans spirou, journal destiné (principalement) aux enfants…
    Le graphisme magnifique, les petits s’enbattent les yeux et ne comprennent pas encore l’humour décalé.
    Perso j’ai surtout adhéré au graphisme, mais je ne demande qu’à relire cette série….

  • Mon fiston avait beaucoup aimé quand il a découvert :-) Il ne faut pas sous estimer les enfants. Ce sont, ici, les parents qui sont à blâmer…

  • Pour les amateurs du Conrad des années 80 (dont je fais partie) , la visite du site de Fabrice Tarrin est hautement recommandée :
    fabricetarrin.free.fr/
    De quoi patienter en attendant la sortie du "Tombeau des Champignac" .
    Une consolation pour les frustrés à vie (dont je fais donc aussi partie ;-)) qui ont un jour rêvé d’un Spirou par Yann et Conrad !

    Tiens, je n’arrive plus à me connecter sur le blog de Denis Bodart, sac à papier !

  • Ben moi je veux voir du Conrad ancienne manière, pas du Tarrin !
    En effet, le site de Bodart est mort, voir les commentaires à ce sujet quelque part par là.

  • Et voilà : quelqu’un a fait (mais en bien mieux évidemment) le bouquin que je rêvais d’écrire : la monographie de Yann et Conrad vient de sortir chez Mosquito.
    Il s’agit de Vivian Lecuivre (celui de "L’intention") et c’est un régal.
    Vivian, je te déteste ;-)

  • Pas acheté vu le prix. On a quand même un peu l’impression de voir une compil du groupe "Images" spécial années 80… (zut, j’aurai dû le mettre sur ma liste de cadeaux).

  • C’est vrai qu’on aurait aimé un peu plus d’inédits, mais bon, ne boudons pas notre plaisir, cette planche de "L’incommensurable abomination de Cthuluh" est à se damner et justifie selon moi à elle seule l’achat du livre (sinon, arrache la chez ton libraire préféré).
    C’est seulement la 2e que je vois après une première publiée il y a des années dans un numéro des Cahiers de la BD consacrée à Yann : je pensais m’en être définitivement remis, mais à cause de ce salopard de Vivian Lecuivre (;-)), je sens que je vais rechuter …
    Et ces jonques ! Je me disais bien qu’il y avait du Milton Caniff là dessous !

    Et puis comme les prix ne sont plus marqués sur les livres, ni en euro ni en rien, ça facilite l’achat, fallait y penser ! (merci le service marketing !)

  • Ah ! d’accord, c’est là que tu avais répondu !

    Désolé de mettre encore un lien, mais je ne résiste pas à l’envie de faire partager ce Spirou par Didier Conrad (chez Vivian Lecuivre).
    Là : —> lien mort

    Sinon, si j’ai bien compris, il parait que Conrad se casse encore plus la tête qu’avant sur "Raj" puisqu’après l’avoir dessiné "à la Conrad", il s’impose de le redessiner façon "ligne claire" pour être en phase avec son récit … Dingue, ces mecs qui changent de style ! 8-)
    … Bientôt Conrad sur Klare lijn international ??? J’aurais pas parié un Kopec là-dessus il y a quelques années !

  • Hubert Mounier (ex Affaire louis Trio) ferait ou aurait fait de la BD, inspiré d’auteurs de la ligne claire. Je ne trouve rien sur google. Quelqu’un sait?

  • Boyington > Il a publié deux albums chez "Magic Strip" dans les années 80 et un autre plus récemment (fin des années 90) à "La Comédie Illustrée" (en collaboration avec David Scrima). Le tout, comme le disait Totoche, sous le nom de Cleet Boris.

  • Bon, mon post n’est pas passé… J’arcominche. Donc:
    > Totoche, Provisus: merci pour les tuyaux. Avec Cleet on trouve bien sûr facilement. Il touche (ou touchait) pas mal finalement, même si c’est très… inspiré. Faut lire pour voir et savoir :-) "Créature" et "le temple de la paix" ont l’air bien sympas. Si je trouve d’occase je crois que je vais me laisser tenter.

  • Pour la parodie de Blake et Mortimer, il faut plutôt regarder du côté de "Tigresse Blanche" !
    Sinon, j’ai appris que "Donito" était à l’origine un projet de dessin animé.

  • Ah… Donito… (tombé sur cet article par hasard car une image de Donito est apparue dans le bandeau supérieur).
    Dupuis a négligé ses meilleures séries et ses meilleurs auteurs. Sibylline sur la fin, Docteur Poche et Jeannette Pointu, les Krostons,… Et moins ça marche, moins ils diffusent, et donc moins ça marche.

  • C’est un peu le principe du bandeau supérieur :-) Bah, Dupuis est un éditeur commercial avec les inconvénients qui vont avec. Ensuite ça peut être compensé par des individus bien placés qui ont bon goût mais le combat est difficile :-)

  • Mais justement, ils ont souvent soutenu des gens bien pendant des décennies sans que ça leur rapporte (aujourd’hui ils abandonnent plus facilement ce qui ne marche pas je pense), mais sans faire non plus les efforts pour que ça marche. C’est dommage. Ce qui est amusant c’est que les pages de Spirou qui marquent les lecteurs, quand tu parles avec eux, c’est souvent des choses qui étaient assez maltraitées par l’éditeur.

  • Oui, Dupuis ne supporte plus leurs auteurs contre vents et marées (et mauvaises ventes). Et les auteurs ont aussi pris l’habitude de papillonner si c’est possible.
    Pour ce qui est des souvenirs des séries Spirou, il y a aussi le plaisir de faire partie d’un club qui joue. Parler de Génial Olivier, c’est quand même plus pointu que de discuter sur Boule et Bill ou les Tuniques Bleues qui sont pourtant des séries qui ont produit des choses intéressantes voire sous estimées.

  • belle réflexion;avez vous remarqué l’attachement presque pervers à considérer-par exemple-que « la ribambelle » c’est mieux que « boule & bill » etc…Sinon,le probleme de Dupuis,il me semble,c’est surtout d’avoir ainsi peu à peu perdu une identité,la leur,pour voguer vers l’héroique fantisie,du sous Dupuy-Berberian,entre autres…Et ce ,à coté d’un recours passéistes aux z’intégrales…Bon,c’est pas grave,hein…

  • C’est vrai que j’ai vu quelques albums Dupuis qui m’ont un peu étonné. Par contre je suis plutôt pour les intégrales qui permettent d’acheter pas trop cher des albums que l’on ne retrouve plus pour certains.

  • Bonjour,
    les albums des innommables n’ont pas été publiés par Dupuis (j’avais pas fait attention à l’époque sic) : parce que Yann et Conrad étaient en délicatesse avec des auteurs maison (je sais ça tombe sous le sens et j’imagine que ça doit être expliqué dans la mono qui leur est consacrée mais en attendant je voulais profiter de vos lumières)?
    A part ça, concernant le dessin de Conrad, je pense comme beaucoup que c’est l’un des plus grands dessinateurs de sa génération, je fais partie de ceux à qui il a mis une grosse claque. Concernant l’évolution de son style, c’est vrai que de prime abord j’ai été déçu mais si on regarde bien les planches je trouve qu’elles ont une ossature, une substance et une vie dont bien des adeptes de la ligne claire sont privés. De plus il me semble que comme tous les (grands?) auteurs, Conrad arrive à un stade de sa carrière où son dessin perd un peu de son énervement, de son énergie et où la mise en couleur est tentée par les couleurs pastel et comme une « sur-exposition » (je pense au Gaston dernière période par ex.). J’aimerais bien avoir votre avis…
    Bédéesquement.

    • À l’époque, il n’était pas du tout systématique que l’on publie en album des histoires parues dans le journal et c’était le cas des Innommables (ils l’auraient découvert par hasard en farfouillant dans les tiroirs de chez Dupuis).
      Je suis plus mitigé sur son évolution qui est dûe notamment à un désir d’aller plus vite et un abandon plutôt rapide quand on regarde sa carrière de l’envie de faire du « beau dessin ». C’est devenu efficace en référence à Morris sans l’élégance de ce dernier. On ne peut absolument pas comparer ça avec Franquin dont la fin de carrière a été plutôt influencée par la maladie que par le désir de faire autre chose…

  • Merci Li-Ann.

    Tu as sans doute raison en ce qui concerne le dessin de Conrad. Pour Morris, très bien vu, effectivement je l’avais senti sans l’analyser clairement. Pour Franquin, j’ y avais pas pensé.

    Je faisais plutôt référence en général au stade auquel, il me semble, arrivent à un moment donné les dessinateurs où leur dessin décroit brusquement pour ensuite ne jamais revenir au niveau qui était le leur.
    Je sais pas si tu (vous) vois ce que je veux dire c’est plutôt un ressenti qu’une certitude, je voulais juste savoir s’il était partagé ou si d’autres pouvaient m’apporter leur analyse à ce propos…

    Au plaisr

  • C’est marrant que Franquin parle de « raidissement », j’ai toujours eu l’impression du contraire : Franquin, Morris ou Macherot avaient un dessin monté sur ressorts quand ils étaient jeunes, mais nettement moins ensuite. On ne doit pas pouvoir établir de règles absolues en la matière.

  • C’est Li-An, je suis un garçon :-)…
    L’évolution du dessin est en effet un point cruciale chez les auteurs BD. Franquin qui était un grand amateur de dessin parlait d’un raidissement qui arrivait avec l’âge. On ne peut pas vraiment parler en général, c’est une évolution très personnelle qui peut être liée à des tas de facteurs (comme pour tous les artistes). Franquin a évolué d’une manière passionnante jusqu’à ce que ses problèmes de santé lui rendent le dessin très difficile (surtout pour un perfectionniste comme lui), Moebius continue de faire des choses passionnantes d’un point de vue purement technique et visuel (on peut être moins intéressé par ses thèmes), Pratt avait choisi de simplifier son dessin pour en faire une sorte d’écriture. On a beaucoup parlé sur ce blog du travail de Macherot qui a fait une dépression nerveuse pendant lequel son dessin s’est affadi et en fait, je commence à mieux apprécier sa dernière période alors que je suis surtout fan de l’époque Tintin (il disait ne plus trouver les plumes qu’il utilisait à l’époque, ce qui aurait changé son dessin). On manque pas mal de référence sur le sujet parce que l’on demandait aux dessinateurs BD de refaire toujours la même chose, ce qui sclérosait leur dessin. On accepte mieux leurs évolutions ce qui devrait ralentir l’effet de « vieillissement » à mon avis.

  • Ah non, le dessin de Franquin est beaucoup plus souple au fur et à mesure qu’il mûrit (idem pour les deux autres). Le dynamisme de leurs début vient de la mise en scène et non pas du graphisme.

  • Oui,le trait de Franquin,au soir de sa vie,était trés souple,parfois trés léger,en ce sens de fragile(Les Tifous,quelques derniers Gaston)mais sur le fil:Toujours juste.Seul morris me semble t’il a eu un dessin plus « raide »,comme Will,mais fort sensiblement:Un brin de virtuosité était passé,ne laissant plus que l’ossature…Tiens,cela aurait fait un chapitre de plus pour le « Désoeuvré »de Tronheim?..Par contre n’y a t’il pas un malentendu à propos de R.Macherot?Je vois essentiellement les traces et les coups de sa maladie dans les années 70(où il fera appel à des scénaristes),loin de ses grandes heures;mais les années 80 voient surgir un autre Macherot,apaisé et pratiquant un trait rond,chaleureux,presque gouailleur fort éloigné de sa période Tintin,mais absolument passionnant et,je trouve,trés beau qui ne peut souffrir de la comparaison…Un autre de chez Spirou:Charles Degotte,dont la maladie-celle de Franquin,tant d’autres-n’a pas eu la moindre influence sur son dessin;c’est plutot cela qui m’étonne;je ne peux le concevoir…

  • @Blogueur Influent : c’est compliqué parce que Franquin travaillait beaucoup pour donner un effet de dessin jeté. Je ne trouve pas que ça fasse « ramolli » (sauf pour les tous derniers gags de Gaston).

    @julien : sauf que Trondheim ne se pose plus trop de question côté dessin (ou plutôt n’en a pas le courage).
    En effet, la période 80 est considérée par certains visiteurs comme la plus intéressante. Je l’ai trouvée longtemps trop étrange et je change d’avis progressivement.
    C’est vrai qu’un dessinateur dont le trait ne souffre pas des problèmes de son auteur ça fait bizarre. Mais Giraud a eu de gros pb de santé pendant le dernier Blueb et ce n’est pas flagrant dans le dessin – on pourra comparer ça avec le dessin d’Arno qui pour le coup à la fin fait vraiment « malade ».

  • Excuse-moi li-aN :-)
    Sinon merci à tous de cette discussion si interessante. Ca fait du bien de pouvoir partager ce genre de considérations avec d’autres et on s’rend vraiment compte que la discussion permet de faire avancer les choses,d’affiner son point de vue (ou d’se positionner si on est pas d’accord)… A bientôt

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