Une forme de guerre (Iain M.Banks)

Assez curieu­se­ment, alors que j’aime beaucoup le cycle de la Culture de Banks, j’avais complè­te­ment zappé cet épisode qui est en fait le premier de la série. Pour ceussent qui l’ignorent (ou s’en fichent), imagi­nez nos socié­tés démocra­tiques occiden­tales dans un futur très très lointain avec la possi­bi­li­té pour chacun de se réali­ser complè­te­ment sans aucune contrainte vu que la science est arrivée à un point où la matière est entiè­re­ment au service de l’Huma­ni­té. Au point même que les Intel­li­gences Artifi­cielles sont consi­dé­rées comme citoyens à part entière de la Culture (ce qui nous donne des tas d’engins métal­liques qui causent, philo­sophent ou ironisent, tels des Nonos le petit robot évolués, ce qui m’a toujours vague­ment agacé). Tous ces gens là pourraient s’ennuyer grave s’il n’y avait l’Uni­vers à expan­ser …et des civili­sa­tions extra terrestres à conver­tir à la bonne parole. Car le gros paradoxe de la Culture si tolérante, c’est de vouloir faire en sorte d’absor­ber tout le monde, chacun à son rythme évidem­ment :-). Comme ces ET ne sont pas toujours de bonne compo­si­tion, la Culture a créé un service spécial qui flirte avec la limite des bons principes et chargé des opéra­tions les plus musclées/​risquées. Dans ce premier volume, le person­nage princi­pal ne fait pas partie de la Culture mais lutte contre elle ! Horza, polymorphe (il peut prendre l’appa­rence qu’il désire), agent des Idirans (trois pattes, 3m de haut, une vie très longue consa­crée… à la guerre sainte), a la délicate mission de récupé­rer un morceau de vaisseau de la Culture enfouie dans une planète inter­dite. Le voilà pirate de l’espace, assis­tant à un tournoi du jeu de la Débâcle, échap­pant à une secte canni­bale et incapable de se débar­ras­ser de sa plus fidèle ennemie. Plus que d’habi­tude, l’écri­ture de Banks est un peu lente, s’attar­dant sur les angoisses des person­nages quand on voudrait passer à la suite. Par contre son récit se révèle plus léger, plus aventu­reux et moins concep­tuel que la suite du cycle, ce qui lui donne un petit côté Vancien pas désagréable (on a vraiment l’impres­sion de suivre un neveu de Kirth Gersen à certains moments) jusqu’à une conclu­sion très réussie.

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6 commentaires

  • Ah ! Que voilà une trés bonne critique (comme d’habi­tude) ;o)
    Un trés bon space opera moderne en décalage avec les autres romans de la Culture que je trouvent beaucoup trop verbeux .
    ”Le Sens du Vent” le dernier paru essaye un peu de retrou­ver cette veine.
    Je viens de voir d’ailleurs que les deux s’ouvrent sur une citation de T.S. Eliot tirée du poême ”The Waste Land”.

    A propos de Vance, le forum est reouvert.
    Merci pour l’idée du catcha ;o)

    • @A.C. de Haenne : ah mince deux fois. Je corrige ça et je pleur­niche égoïs­te­ment parce que Banks était un de mes auteurs favoris. Je vais me comman­der ceux de la Culture qui me manquent, tiens…

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