Le Loup des Mers (Riff Reb’s – Noctambule)

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Après un remar­quable À bord de l’Étoile Matutine, publiée aussi chez Noctam­bule, Riff Reb’s s’attaque à Jack London, côté Nord.
J’ai lu du London dans ma jeunesse mais côté roman jeunesse évidem­ment – des histoires pleines de chiens loups et aussi ses souve­nirs de pilote à San Francis­co. Le Loup des Mers joue dans une autre catégo­rie… Humphrey Van Weyden, appren­ti écrivain à la vie confor­table, est embar­qué de force suite à un naufrage, par l’effroyable Lou Larsen, capitaine de goélette qui s’en va chasser le phoque. Lou Larsen est une force de la nature, mi-ours, mi-humain, tenant tête à un équipage qui le déteste cordia­le­ment et cherche à le tuer. C’est aussi un autodi­dacte génial qui maîtrise aussi bien la poésie que les mathé­ma­tiques… Van Meyden, parta­gé entre horreur et fasci­na­tion, rêve de retour­ner chez lui en vie et va devoir affron­ter le capitaine quand une jeune femme est recueillie à bord.
L’histoire est cruelle et brutale et rompt violem­ment avec la monoto­nie édito­riale du moment. Ce n’est pas une histoire girly, y’a pas à dire. Le dessin de Reb’s alterne entre scènes inoubliables – notam­ment dans les atmosphères de brume, les effets de vagues – et d’autres un peu plus plates. Il faut dire que Lou Larsen est diffi­cile à dessi­ner : suivant son humeur, il apparaît de façon très diffé­rentes aux yeux du lecteur, ce qui n’est pas évident pour un Reb’s au dessin expres­sif et très précis. Mais trêve de chipo­tages, c’est un album impres­sion­nant par son sujet et sa violence.

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6 commentaires

  • L’adaptation est remarquable;le ”jus” origi­nel y est,non ?
    Toute­fois-opinion singu­lière, personnelle,ridicule,passagère-la volon­té réaliste du dessin m’a semblé être un frein;on voudrait l’abstraction,la folie,la limite par endroits…Mais comment la traduire et demeu­rer intel­li­gible ?
    Alors je range ma réticence,quoique sincère,car le ton est mainte­nu de bout en bout…J’attends la rencontre Riff Reb’s/Jean Ray…

    • @julien : je suis assez d’accord. Quelque fois le récit néces­site un trait plus au ”premier degré” – notam­ment dans la demoi­selle qui ne fait pas rêver – mais j’ignore si Riff Reb’s s’est posé la question dans ces termes.

  • Lu hier soir. Graphi­que­ment je trouve ça magni­fique. Riff Reb’s a plein de façons diffé­rentes de dessi­ner la mer. Le Ghost a une vraie person­na­li­té (j’aime les bateaux). Les poses du capitaine en font vraiment un person­nage à part, un animal, un titan, sans tomber dans la carica­ture.
    Au niveau du récit, je suis plus mitigé. J’aime beaucoup les deux premiers tiers. C’est plus des tranches de vie et des ambiances qu’une histoire bien établie. Ca marche vraiment bien.
    Mais dès l’arrivée à bord de la nana, ça devient plus scéna­ri­sé, ça va un peu trop vite je trouve, et c’est un peu plat. La fin est vraiment expédiée.
    Et autant le ton du narra­teur passe bien quand il est confron­té au person­nage du capitaine, autant ça devient vague­ment pleur­ni­chard et énervant dès que le capitaine n’est plus là (l’évasion, l’ile etc).
    Ceci dit, un très bon album, avec des images et des ambiances qui restent dans la tronche. Bonne pioche. Je vais tenter ”L’étoile Matutine”

      • @Li-An : Oui. Par rapport aux autres person­nages, elle manque d’existence. Je crois qu’elle aurait pu être ”éroti­sée” un peu plus déjà. Une nana qui arrive sur ce bateau de l’enfer plein à craquer de testos­te­rones frustrées, ca devrait faire plus Boum. Et une scène un peu plus ”cul”, même fantas­mée, sans tomber dans le grave­leux, ça aurait peut être rajou­té quelque chose de plus probant au côté évolution/​transformation du narra­teur.

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