Lapins blancs et Comanches

Utopia, une série de Gillian Flynn

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En bague­nau­dant sur le Net, j’ai lu du bien de la musique que Cristo­bal Tapia De Veer a écrite pour la série anxio­gène The Third Day (pas vue). En navigant sur ses œuvres, j’ai accro­ché tout de suite sur son travail pour la série Utopia. Qui, comme par hasard – mais est-ce vraiment un hasard ? – débar­quait sur Amazon Prime.
Dysto­pia est un comics marquant qui raconte la lutte de Jessi­ca Hyde, fille d’un génial virologue, contre une organi­sa­tion secrète qui utilise les recherches de son père pour de sombres objec­tifs. Le fan club atten­dait une éventuelle suite, intitu­lée Utopia, sans plus trop y croire, jusqu’à ce que les planches origi­nales soient décou­vertes par hasard. Parmi les amateurs, un groupe d’amis de forum qui consi­dèrent que Dysto­pia a annon­cé à l’avance toutes les épidé­mies infec­tieuses via des indices cachées dans les pages. Mettre la main sur Utopia va permettre de préve­nir les futurs risques épidé­miques (et résoudre certains problèmes person­nels). Sauf que des tueurs débarquent avec deux questions : « Où est Utopia ?» « Où est Jessi­ca Hyde ? ».

Si comme moi vous êtes un peu gavé des séries « C’est génial mais surtout dans la saison 3, c’est vrai qu’au début ça commence moyen », Utopia va vous plaire : elle démarre à un train d’enfer et ne ralen­tit que vers la fin. Très visuelle, très violente (tout le monde peut mourir), elle joue la carte complo­tiste à fond. Sur la base des virus ? Ouch. Car autant préve­nir tout de suite : vision­ner cette série en plein confi­ne­ment après avoir jeté un coup d’œil sur la petite crotte Hold Up risque de vous mettre bien mal à l’aise puisqu’elle reprend des théma­tiques un peu trop au goût du jour. Et si la série avait prévu la Covid 19 ?

On me cache tout

Mais…Que…Stop ! Il y a quelque chose qui ne va pas là. Où est la musique de Cristo­bal Tapia De Veer ? Pourquoi a‑t-il écrit la parti­tion pour deux saisons alors qu’on en est qu’à la première ? Qui est derrière tout ça ?

Évidem­ment, encore un coup de la perfide Albion. Car Utopia est d’abord une série britan­nique qui s’est arrêtée net au bout de deux saisons sans résoudre les questions posées. Une série visible­ment culte car les fans de base ont hué la version Amazon accusée de sombrer dans l’Hollywoodien action/​parano alors que l’originale est semble-t-il plus ambitieuse sur la forme. D’ailleurs impos­sible de trouver en France les DVD de cette version et ça ne passe pour l’instant que sur Amazon Prime… US.

Le rêve dans le dessin

Pas sûr pourtant que j’accroche aussi bien à la version UK qu’à cette nouvelle mouture. Et ce pour une bonne raison : les dessins sont réelle­ment au centre de l’intrigue dans la version US. Réali­sés par João Ruas, le second dessi­na­teur des couver­tures du comics Fable, ils jouent sur la complexi­té, le symbo­lisme lourdingue et les indices cachés dans le détail. La quête des héros perdus dans des images très oniriques n’est pas sans me rappe­ler les rêves récur­rents que j’ai de décou­verte de BD et d’illustrations dans des boutiques sombres. Un aspect qui n’existe pas dans la version première où les images signées Paul Miller n’ont pas la même force visuelle – voir la galerie https://​www​.behance​.net/​g​a​l​l​e​r​y​/​1​1​6​7​4​7​9​3​/​U​T​O​PIA. Rien que pour cette approche, la série US mérite le détour.

Version Paul Miller

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Version João Ruas

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Comancheria, un film texan de David Mackenzie

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Un petit mot rapide sur Coman­che­ria (Hell or High Water, pour une fois le titre français est intéres­sant) de David Macken­zie, un petit film noir ironique et dépay­sant. Deux frangins sans un sou partent à l’assaut des petites banques de leur région perdue du Texas pour sauver leur héritage familial. Ils sont molle­ment coursés par deux Texas Rangers dont un Jeff Bridges qui a dépas­sé l’âge de la retraite (excellent au demeu­rant). Les person­nages secon­daires sont aux petits oignons, l’humour est omnipré­sent façon frères Coen sans la noirceur de ces derniers et le Texas dépeint sort des sentiers battus. Je vous mets la bande annonce qui se la pète hyper sérieuse.

La musique par qui tout est arrivé

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12 commentaires

  • Tu me donne­rais presque envie de jeter un œil à la version améri­caine d’Utopia !
    Je crois que Coman­che­ria m’attire plus en fait.

    • Il y a des lapins blancs, je confirme. D’un point de vue purement cinéphi­lique, Coman­che­ria est plus intéres­sant, sans conteste.

  • Ah. Si j’ai suivi, la version US exige qu’on fasse un détour par les États-Unis, et la version UK mérite qu’on en écoute la BO dans son fauteuil ? Quel dilemme pour les aventu­riers en chambre.

  • c’est d’autant plus malin de se rabattre sur les indiens tant qu’y en a, que j’ai bien cru que les versions bootleg de Utopia UK avaient entiè­re­ment dispa­ru du darkweb.
    Mais ça eut trop senti la grosse conspi­ra­tion qui schmoute.
    Laissons ça à ceux qui croivent, alors que nous, nous sachons.
    Comme ce patient hospi­ta­li­sé en soins inten­sifs qui dit à une infir­mière texane que le virus est une « fake news ».
    Coman­che­ria est scéna­ri­sé par Taylor Sheri­dan, qui passa l’année d’après à la réali­sa­tion, avec Wind River, de très honnête facture.
    Il seria­lise aussi Yellows­tone, soap opera de parc natio­nal, c’est plus délayé que ses films, mais les amateurs confi­nés de grands espaces y trouvent leur compte.

    • Ce Texan aura fait beaucoup de mal aux complo­tistes. Sheri­dan est aussi au scéna­rio de l’excellent *Sicario** de Ville­neuve.

    • Oui mais ils avaient fait les deux saisons en une il me semble. Je pense que le sujet a dû refroi­dir mécham­ment les décideurs. Ce qui prouve qu’il y a des sujets sensibles.

      Pour le lien, il y a – évidem­ment parce que j’avais déjà checké — marqué indis­po­nible :-) Comme je l’ai dit on ne le trouve en français qu’à un tarif surréaliste.

      • Ah bah quand j’ai écrit mon message il y avait un exemplaire de dispo à 25 euros environ. Peut-être qu’il faut surveiller la page toutes les 5 minutes et bondir comme le guépard dès qu’un coffret pointe sa truffe :D

        • J’hésite en fait à comman­der la version BluRay allemande. Mais il faudrait un petit prix. Je vais toujours mettre des alertes, on verra bien.

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