

Le serpent est le premier tome d’une trilogie (La Maison des Jeux) signée Claire North. Une histoire d’un genre difficile à cerner (fantastique ? fantasy historique ?).
Coulent les gondoles à Venise
Dans la Venise du XVIIème siècle, la fille d’un riche marchand est mariée à un noble sans argent, qui dilapide la dot et méprise sa femme. Il la traîne dans les lieux de jeux qu’il fréquente et c’est ainsi qu’elle découvre la Maison des Jeux, un endroit étrange qui semble le carrefour du monde entier. Elle se révèle une joueuse très douée et est invitée à entrer dans une partie où le pouvoir est l’enjeu, sous le regard scrutateur de témoins mystérieux.
La carte n’est pas le trésor
C’est le troisième ouvrage de la fameuse collection Une heure lumière des éditions Bélial que je lis. North a une belle écriture, a bien potassé l’Histoire de Venise et nous fait découvrir ses recoins sombres comme les âmes des hommes de pouvoir vénitiens guidés par les joueurs impitoyables. Ça se lit très bien et très vite, comme promis. J’ai passé un bon moment sans être transcendé. Probablement parce que les enjeux sont un peu cousus de fil blanc et que la fin ne m’a pas laissé baba. Je n’ai pas retrouvé la métaphysique des bons textes de SF de ma jeunesse. Un truc qui m’a laissé perplexe, c’est que chaque joueur a en main des cartes correspondant à des habitants réels de la ville, qu’il peut jouer comme il l’entend. Mais on a un peu l’impression que la moitié de la ville est embrigadée dans le jeu, ce qui émousse quelque peu le côté paranoïaque/mystérieux de l’affaire.
Les trois récits autour de la Maison des Jeux forment un tout (et ont été rassemblés dans un recueil) et il paraît que la dernière histoire remet ensemble en perspective. Il aurait sûrement été plus malin pour moi de lire le recueil, je suis sûr que l’ensemble m’aurait plus enthousiasmé. Mais ne vous méprenez pas : si vous entrez dans l’univers, vous passerez un bon moment.






