
Créé en hommage à Sophie Castille, le prix qui poste son nom bénéficie désormais d’une version française. Il voit le jour en 2023 au Royaume-Uni et récompense la traduction en langue anglaise d’un ouvrage BD. Il a essaimé en Espagne, Grèce, Italie, Brésil, Slovénie et Pologne et, maintenant, récompense une traduction en français — il sera remis à l’occasion du festival SoBD à Paris.
Le grand public ne connait pas Sophie Castille qui travaillait à la vente de droits étrangers pour Dargaud et Média Participation. Elle a aussi cofondé et dirigé Europe Comics qui propose en ligne des versions numériques d’ouvrages BD européens traduits en langue anglaise. Son travail l’a amenée à croiser une bonne partie des éditeurs BD et des auteurs de tous pays et sa disparition soudaine, en juillet 2022, a suscité beaucoup d’émotion (pour plus d’information, vous pouvez lire cet article sur le site Actuallité).
La plupart des auteurs français la connaissaient du fait de ses fonctions, mais je l’ai rencontrée en dehors du monde BD. Ou presque. Elle a été la compagne d’André Pangrani, cofondateur et rédac chef du Cri du Margouillat pendant des années, avec lequel elle a eu une fille — ils se sont rencontrés… à Angoulême. J’ai donc connu Sophie Castille en dehors du boulot, notamment durant les premiers festivals BD réunionnais Cyclone BD, où elle venait prendre ses vacances et soutenir son homme qui se démenait.
C’était une femme drôle, intelligente, dynamique et curieuse. Elle a beaucoup fait pour que la revue Kanyar, créée et dirigée par André, existe et perdure. Je l’ai vue une dernière fois après la mort d’André (ils étaient séparés) au festival du Livre de Paris. Elle était venue nous saluer sur le stand de la Réunion et prendre des nouvelles.
À l’annonce de son décès, je n’ai rien écrit à ce sujet sur ce blog parce que je me suis dit que ça n’allait pas parler à mes lecteurs, et j’étais bien incapable de dessiner ou dire quoi que ce soit sur elle qui lui rende vraiment hommage.
Je suis donc très heureux de découvrir ce prix qui porte son nom et c’était l’occasion de la saluer, où qu’elle soit, avec une petite pensée pour sa fille.
Plus d’informations sur le Prix Sophie Castille sur cet article d’ActuaBD.
L’hommage
Ce soir-là, le punch était délicieux (je ne bois pas moi-même). Je n’ai jamais vu autant de monde ivre en même temps. Et Sophie m’avait fait rire.








Touchant, ce billet écrit avec pudeur et sensibilité respire de sincérité et de spontanéité.
Il ne peut que nous atteindre, nous aussi.
C’est très beau.