Journey, le blog de Yohan Radomski en Chine

J’ai déjà parlé du blog de Yohan Radom­ski alors qu’il vivait en Pologne. Le voilà mainte­nant en Chine pour quelques temps et son blog présente des ”lianhuan­hua”, les petits livres illus­trés qui se rappro­chaient le plus de la BD avant que la mondia­li­sa­tion ne fasse ses dégâts habituels (unifor­mi­sa­tion de la culture et lecture obliga­toire de Zep et Satra­pi)…

parce que vous le valez bien
parce que vous le valez bien
mi lourd
mi lourd
pollution sur Benjig
pollu­tion sur Benjig
  • le blog :
  • un blog consa­cré au genre (merci Provi­sus):

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19 commentaires

  • Superbe sugges­tion, mais ton lien ne nous envoie pas sur le blog en question. Bon, ce n’est pas diffi­cile à retrou­ver avec Google :-)

    Pour Zep et Satra­pi, je conteste ! Il s’agit de deux dessi­na­teurs (ou trice) qui ont leur style person­nel. Ils ont du succès, bien sûr, mais cela ne les rend pas ininté­res­sant.

  • Ben comment ça ? Ça marche très bien chez moi ??? Ah, je me moquais un peu, Raymond :-) (quoique, je ne suis pas encore convain­cu par Miss Satra­pi).

  • J’ai ramené pas mal de ces petits fasci­cules de Shanghai (où ils deviennent diffi­ciles à trouver). Impos­sible de comprendre grand chose, mais que de dessi­na­teurs talen­tueux !
    Un site qui parle de lianhuan­hua (连环画) :

  • Excellent Provi­sus ! Je le rajoute dans l’article (dommage que les scans ne soient pas de grande quali­té). Mais person­nel­le­ment, je ne consi­dère pas le genre comme de la BD à propre­ment parler contrai­re­ment à ce qui est dit sur le blog.

  • Superbe, en effet, ce blog sur les ”lianhuan­hua” (est-ce que j’ai écrit le mot juste ?). Il permet de décou­vrir tout un monde dont on a aucune idée. Quant à la question de savoir si c’est de la bande dessi­née … eh bien … je préten­drai que oui ! :-)

  • Pourquoi dis tu cela ?
    Je ne sais pas ce que ça raconte à cause de la barrière de la langue, mais visible­ment, il y a une séquence d’images qui racontent bien une histoire : je dirais donc aussi que c’est une forme de BD, au même titre que ”Entre Deux” de Perriot ou que ”Barney et la Note Bleue” de Loustal et Parin­gaux, par exemple.

    Ah mince, je crois que j’ai théori­sé sans faire exprès.

    J’avais déjà aperçu ces petits feuillets dans la boutique d’une expo (Musée Guimet ???). Il me semble qu’il y a aussi un ou des ”Tintin” (officiels ou pirates ?) impri­més de la même manière.

    J’ai adoré le ”Zep coupé en tranches”, ainsi que ”L’Enfer des filles” et ”L’Enfer des concerts”. J’ai égale­ment beaucoup appré­cié ses carnets de croquis qu’on a pu voir dans CaseMate (je crois).

  • Oui, c’est étonnant comme tous les détails des visages restent justes, même avec un très fort agran­di­see­ment.
    C’est en principe la marque d’un grand dessi­na­teur.

  • En 1982 le centre Pompi­dou à consa­cré une exposi­tion à la bande dessi­née chinoise. Je ne l’ai malheu­reu­se­ment pas vue, mais possède le catalogue (introu­vable aujourd’­hui). C’est étonnant de consta­ter à quel point ces dessins, conçus pour le petit format (12,5 x 9,2 cm), sont superbes impri­més en grand. Ce catalogue contient égale­ment la traduc­tion d’un récit complet de He Youzhi (auteur publié des années plus tard par les éditions de l’an 2).

    Je ne résiste pas à vous montrer un de mes dessins préfé­rés : , réali­sé par Hua Sanchuan pour La Fille aux cheveux blancs en 1965. En voici le résumé :

    ”L’his­toire réelle d’une jeune paysanne qui se réfugie dans les montagnes pour fuir les sévices d’un proprié­taire foncier. Sa vie d’enfant sauvage lui rend préma­tu­ré­ment les cheveux blancs. Les paysans la prenant pour un esprit la pourchassent, jusqu’à l’arri­vée d’une troupe commu­niste qui la sauve de la démence dans laquelle elle sombrait.”

    Et oui, la BD aussi devait servir la propa­gande…

  • Il y a un peu plus de 10 ans,à St.Luc de Liège,un de mes ensei­gnants avait appor­té un carton plein de bandes chinoises;des petits formats,à l’italienne,où la paysan­ne­rie chinoise était parti­cu­liè­re­ment présente…O ingra­ti­tude de la jeunesse:ça n’inte­res­sait pas grand’monde(personne en fait)pendant c’temps que le cher profes­seur devait se déses­pé­rer de ne pouvoir s’en débarasser…Finesse des décors,personnages immuables sur un papier fin,récit qui devaient mettre en valeur un propos,l’ame d’un peuple…A cette m^me époque,le manga était à la mode;j’ai pu prendre dans ce lot d’his­toires d’un pays,sous Mao,un autre regard,une narra­tion éloigné d’un dynamisme maniéré…Ce billet arrive en écho à ces souvenirs,tandis qu’un Tanigu­chi-par exemple-illustre(à mes yeux)depuis ces dernières années cet esprit,ce souffle là de cette autre culture,teintée d’une mélan­co­lique humilité…Cette”propagande”ci,j’avoue,ne me choque pas;ses idées révèlent aussi des utopies.

  • Afin de (grande­ment) rebon­dir (en avant) sur le propos de Provi­sius, on trouve dans le merveilleux ouvrage de He Youzhi, Cent métiers du vieux Shanghaï, une page consa­crée aux ”petits livres” où il fait allusion à l’expo­si­tion de Beaubourg, ainsi qu’une autre, consa­crée aux auteurs de ces petits livres. Il y décrit les étapes de la création d’une bande dessi­née : ”On dit que jadis (avant la libéra­tion), l’art de la bande dessi­née se trans­met­tait de maître à disciple au sein d’une équipe. Le maître ”brisait la coquille” (dessi­nait les person­nages), l’assis­tant ”plaçait le décor” (dessi­nait l’arrière-plan), le disciple ”peignait les fleurs” (dessi­nait les motifs des vêtements), le scéna­riste mettait en ordre les textes et les dialogues. La réali­sa­tion de chaque dessin passait par ces étapes succes­sives, en commen­çant par le trait et en finis­sant par la lettre. Le disciple appre­nait ainsi toutes les subti­li­tés de l’art.”

  • Heureux que vous êtes ! Ici, en Chine, je n’ai pas accès aux blogs dont vous parlez, plus pour des raisons de serveur que de censure, je pense. Provi­sus, très beau dessin de Hua Sanchuan… J’ai acheté un beau livre sur l’his­toire du lianhuan­hua, en manda­rin, donc il me faudra encore un peu de temps pour le décryp­ter et avoir quelques infos plus précises. J’ajoute que le graphisme de ces ouvrages renvoient à la bd. Je montre délibé­re­ment sur le blog des oeuvres un peu origi­nales, mais on trouve des tas de lianhuan­hua histo­riques ou de propa­gande (des histoires édifiantes à la campagne qui se dénouent grâce au bel héros commu­niste) dans un style proche de De la Fuente, par ex.

    Il y a quelques années (10…) He Youzhi est venu à l’école des Beaux-Arts à Angou­lême. Les étudiants gardent un souve­nir ému de ce grand maître, auprès de qui, je crois, Cosey a étudié. He est connu pour sa mémoire photo­gra­phique et il a bluffé tout le monde en obser­vant au marché des halles d’Angou­lême un type qui tressait des paniers, et en repré­sen­tant avec détails la scène à son retour à l’école.

  • @yohan : Dis moi Yohan, ces lianhuan­hua sont-ils toujours édités, ou ne les trouvent-on que d’occa­sion ?

  • Je les achète chez des bouqui­nistes. En librai­rie, on trouve quelques réédi­tions, notam­ment sous coffrets assez luxueux​.Je ne sais pas s’il y a encore une produc­tion actuelle de ces petits livres… Je pense que le format est tombé en désué­tude. A l’occase, j’en dirai plus sur mon blog si j’apprends du nouveau.

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