Un chœur d’enfants maudits (Tom Piccirilli – Folio SF)

Après les direc­teurs de collec­tion qui refusent les manus­crits sans les lire, on se demande si on n’assiste pas à la naissance d’une nouvelle race : les direc­teurs de collec­tion qui publient les livres sans les lire. J’ima­gine que Folio SF est une collec­tion un peu fourre tout mais, franche­ment, j’aurai plutôt casé ça dans une collec ”roman noir”.
Es donc, Thomas gère comme il peut ses triples frangins siamois qui partagent le même cerveau et ses souve­nirs familiaux doulou­reux dans la grande et belle maison coloniale rongée par la moiteur sauvage d’un Sud étatzu­nien parti­cu­liè­re­ment grati­né où les jeunes filles ne sont pas très farouches et les sorcières font la pluie et le beau temps. C’est un bouquin diffi­cile à résumer parce qu’il tient par l’écri­ture. Une écriture fragmen­tée où les chapitres se répondent molle­ment, où le rêve et la réali­té se disputent âprement le récit. Un bouquin où les gens meurent et reviennent et ne semblent jamais trouver le repos. Un faux polar avec un privé, un serial killer (bon en fait, du 46 qui s’en prend au derrière des chiens de la région) qui parle de la fragi­li­té de l’amour face au désir. Il n’y a pas de réelle intrigue, de début et de fin, c’est juste un état d’esprit entre fantasme et délire. Tom Picci­rilli se tire très bien d’un exercice casse-gueule. Ça pourrait être saoûlant et vague­ment artifi­ciel mais sa volon­té de ne rien résoudre ou d’expli­ci­ter, de laisser le narra­teur comme le lecteur dans une espèce d’incom­pré­hen­sion du monde en fait un roman très recom­man­dable mais qui ne va pas plaire à tout le monde…

À noter que c’est le même Picci­rilli qui a novel­li­sé Hellboy ce qui me rendrait curieux pour le coup. On pourrait aussi longue­ment gloser sur une couver­ture un peu étrange puisqu’elle ne corres­pond pas vraiment au bouquin tout en donnant une idée pas trop fausse de ce qui est à l’inté­rieur mais de manière peut-être vague­ment putas­sière…

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