

Puisque c’est visiblement l’année Nicole Claveloux dans Okapi, j’ai l’immense joie de vous annoncer la sortie d’un premier recueil de planches de Grabote (et Léonidas, le pauvre) chez Cornélius.
La tyrannie a son charme
Grabote débute dans Okapi en 1973 et elle y restera à peu près huit ans – en compagnie de son souffre-douleur favori, Léonidas. Le temps de séduire tout un public jeunesse pas habitué à croiser un personnage aussi étonnant. Grande gueule, tricheuse, râleuse, insupportable, elle a dû faire grincer les dents de nombreux parents, mais j’imagine que ça devait être fascinant pour les enfants de suivre un personnage féminin qui osait des choses sans complexe ni remord. L’univers visuel de Claveloux était tellement original qu’on ne pouvait qu’être marqué à vie et ça été mon cas lorsque je l’ai croisée en début d’adolescence.
Grabote est un personnage créé par Claveloux pas destiné à Okapi au départ. Elle l’utilise dans son propre courrier et lui fera vivre des aventures ailleurs que dans le magazine.

En avant, Resaclic !
Dans mon précédent billet consacré à Cactus acide et Beurre fondu, je signalais l’existence de deux éditions différentes, une distribuée uniquement sur le site Resaclic.net, et l’autre éditée par Cornélius. Je regrettais à ce moment-là ne pas pouvoir comparer les deux versions et j’ai eu la joie de recevoir deux ouvrages de la part de Jérôme Couzin : l’intégrale des Cactus et Beurre (version sommaire) et Grabote 1978 – 1981.
Je ne m’étais pas trop étendu sur la fabrication de la version Cornélius, mais le côté souple de l’ouvrage et le papier ne m’ont pas emballé. Les reproductions me paraissent très propres avec des couleurs soutenues, ce qui m’avait un peu intrigué. La version Resaclic est cartonnée, le format de reproduction à peu près identique, sauf qu’elle reprend aussi les fameux sommaires illustrés. Ça ajoute quelque chose aux planches à mon avis (à fond la madeleine de Proust), en dehors d’une reproduction qui me satisfait plus. Plus important, l’explication donnée par Cornélius sur le choix des pages publiées me parait quelque peu alambiquée. De ce que j’ai vu, les pages supprimées auraient tout à fait trouver leur place dans leur recueil. Est-ce une contrainte de pagination ? Mystère.
La revanche de Léonidas
Pour Grabote, je n’ai pas vu la version Cornélius, je ne pourrais donc pas comparer — elle semble être fabriquée de la même manière que le précédent album. Si vous hésitez et que vous avez les moyens, j’aurais tendance à conseiller les versions Resaclic qui me semblent plus proches de ce que vous avez lu dans Okapi. Pour ceux qui découvrent, j’imagine que ça ne fera pas une grande différence (à part le cartonné et l’odeur de la colle).








