La saga d’Atlas & Axis t.1 (Pau – Ankama)

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Voilà un premier album origi­nal, ça nous change de l’His­toire des rapports diplo­ma­tiques entre le Moyen Orient et les États-Unis ou les recettes de cuisine d’un chef toqué… Auteur espagnol qui travaille aussi dans la presse, Pau a mis quinze ans pour publier les aventure héroïques fantai­sies de ses deux chiens canidés. En effet, ce n’est pas un atlas sur la Seconde Guerre Mondiale que nous avons ici (les noms des persos sont trompeurs) mais une aventure très premier degré qui prouve que la BD peut encore travailler sur une certaine naïve­té.
Atlas et Axis sont deux amis qui voient leur village dévas­té par de méchants chiens blancs venus du Nord. Ils n’ont plus d’autre but dans la vie que la vengeance mais le chemin vers le Nord est long et ils rencon­tre­ront l’amour et le déses­poir avant d’y parve­nir. J’avoue que j’ai beaucoup rigolé pendant les vingt premières planches. Non seule­ment les person­nages ressemblent à des chiens mais ils se comportent comme des chiens ! C’est à dire qu’ils lèvent la patte pour faire pipi, qu’ils reniflent les crottes et qu’ils courent comme des dératés. D’ailleurs toute leur gestuelle est exagé­rée, ce qui n’est pas sans rappe­ler les premiers dessins animés Disney, quand Mickey était tout souple et hyper actif : quand ils pleurent, les larmes font des paraboles et ils ne semblent agir que par pulsion. C’est d’ailleurs le point le plus pertur­bant de la construc­tion du scéna­rio : est-ce que Pau a sciem­ment décidé de faire fonction­ner son histoire par à coups ou c’est une espèce de jeunesse, de naïve­té dans le récit qui oublie de construire des rapports entre les person­nages ? Par exemple, Atlas et Axis sont censés être des amis mais rien dans leurs rapports ne souligne cette amitié (d’ailleurs ils passent leur temps à se deman­der si l’autre n’est pas devenu fou). De la même manière, on voit des actions se répéter sans raison parti­cu­lière (l’arbre abattu) ou des évène­ments qui ne sont pas du tout expli­qués (le passage à tabac). C’est donc un album assez étrange à lire au final. Le dessin est très beau et très expres­sif, rappe­lant un peu le Jeff Smith de Bone avec des couleurs quelque­fois bien inspi­rées. Mais il est un peu compli­qué de dire quel public va se sentir concer­né : par bien des aspects, l’album semble viser un public assez jeune mais la violence de certaines scènes risque de dérou­ter des préado­les­cents. Et en même temps, c’est cette espèce d’inco­hé­rence qui fait le charme de l’his­toire : on ne peut jamais prévoir à l’avance ce que la séquence suivante va racon­ter. Un gag débile ? Une séquence de voyage ? Une bagarre inatten­due ? Une BD non forma­tée (dans tous les sens du terme, que ce soit commer­cial ou intel­lo), ce n’est pas si courant que ça…

vie de chien mouillé
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