Gueorgui Alexandrovitch Shchetinin

Depuis l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes, j’hésite un peu à présenter le travail d’artistes russes sur ce blog, d’abord pour ne pas déprimer mes lecteurs ukrainiens et, aussi, parce qu’on n’est pas à l’abri d’un fan Poutinien (il y en a quelques uns, contrairement à ce que certains fantasment, l’Art n’empêche pas la bêtise crasse).
Du lard ou du cochon
Georgiy Alexandrovich Shchetinin (1916 – 2004) a un parcours professionnel tout à fait dans les clous et a surtout gagné sa vie en enseignant et dans l’illustration d’ouvrages. Sa première exposition en solo n’a lieu qu’en 2000. Les commentaires lus par ci, par là, ne permettent pas de savoir comment le classer politiquement. J’ai lu sur le Web un article enthousiaste où on le décrit comme un artiste contemporain purement russe qui n’a pas subi l’influence du « cosmopolitisme » de l’art contemporain occidental (rigolo lorsque l’on sait que la Russie est par nature cosmopolite). Mais on parle aussi d’un équivalent graphique au travail littéraire d’Alexandre Soljenitsyne pour la recherche d’une représentation d’une vérité non filtrée par l’idéologie ou la propagande.
Traits et taches
Avec l’âge, je me surprends à m’intéresser à un travail très éloigné de mes influences premières. Peut-être un peu de fatigue à bouffer de l’illustration US proprette et très commerciale. Shcetinin fait dans le trait énervé ou massif et frontal. Sa série sur l’amour est probablement la plus séduisante (très mauvais choix d’adjectif) et m’a fasciné. Probablement parce que mes crayonnés ont un peu de ce fouillis énergique. Et qu’il y a un côté Blutch là-dedans.
Le plus simple pour voir le maximum d’œuvres de l’artiste, c’est de visiter le Facebook d’Arteology. https://www.facebook.com/profile/100064760883902/search/?q=%D0%90%D0%BB%D0%B5%D0%BA%D1%81%D0%B0%D0%BD%D0%B4%D1%80%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87





























Dommage que vous n’ayez trouvé que des textes où ”des gens” parlent de lui, en enfourchant leurs propres dadas, et apparemment aucun où ce serait lui qui dirait des choses. Vu ses dates (1916 – 2004), ça peut s’expliquer : il avait eu tout le temps d’étudier l’art de ne pas trop ouvrir son clapet.
En fait, il a écrit des textes. Mais je n’ai pas dégotté de commentaire sur ces textes – j’ai sûrement mal cherché.
Convulsions de multiples traits secs,ou par brassées d’un ample pinceau nerveux (alors oui, c’est juste,on pense au Blutch des premières échappées en peinture/illustration),
Tout est mouvement, on reste dans le saisissement(!?)du mouvement…jusqu’à l’apparition, la révélation d’un sujet, d’une scène.
C’est ça :exprimer, dessiner le mouvement, le ton,l’atmosphère jusqu’à ce qu’apparaisse le dessin.
Enfin bref,tout ça pour dire que j’aime beaucoup…
On voit les vrais connaisseurs.