Snowpiercer, le Transperceneige , un film de SF de Bong Joon-ho

snowpiercer-affiche

Aussi bizarre que cela puisse paraître, je n’ai jamais lu le Transperceneige de Lob et Rochette. Déjà, c’était chez À Suivre et le côté noir et blanc un peu glauque/politique ne m’attirait pas du tout – la SF fran­çaise des années 80 était très poli­ti­sée et il est bien connu que la poli­tique et la créa­tion font rare­ment bon ménage. Ça me rap­pe­lait trop les BD de Chantal Montellier dans Métal Hurlant, pro­ba­ble­ment ce que j’avais le plus de mal à lire – avec Ceppi. Et je n’ai jamais mis la main sur un exem­plaire par hasard dans une biblio­thèque.

tilda-swinton-snowpiercer Le film par contre m’a tout de suite don­né envie: The Host de Bong Joon-ho m’avait beau­coup plu – une famille coréenne pas fufute par­tait à la chasse du monstre gluant qui avait enle­vé la fille – et plus éton­nant avait plu à ma ché­rie pas par­ti­cu­liè­re­ment adepte de choses vis­queuses et bavantes. C’était donc la seule adap­ta­tion BD qui m’excitait un peu cette année.

L’Humanité a cru régler le pro­blème du réchauf­fe­ment cli­ma­tique et a géné­ré une nou­velle ère gla­ciaire. Dix sept ans plus tard, ce qu’il reste des humains vit dans un train qui fait le tour du monde en une année sans jamais s’arrêter. Dans les wagons de queue, des pauvres gens qui ont inves­ti de force le train lorsque tout s’est écrou­lé et à l’avant les pas­sa­gers offi­ciels qui ont payé leur billet. Soumis par la force et voyant leurs enfants enle­vés à l’âge de cinq ans, les pas­sa­gers de l’arrière décident de ten­ter une insur­rec­tion mal­gré l’échec des pré­cé­dentes et d’atteindre la tête du train où vit Wilford (Ed Harris), son concep­teur.

snowpiercer-song- C’est un film à la sor­tie duquel on dis­cute beau­coup. Bong Joon-ho alterne scènes d’actions plu­tôt inven­tives et déca­lages gro­tesques à la limite de l’onirique. Si le héros mes­sia­nique Curtis (Chris Evans) manque un peu de per­son­na­li­té à côté des seconds rôles allu­més (Song Kang-ho en spé­cia­liste de la sécu­ri­té dans les vapes, Tilda Swinton mécon­nais­sable dans un rôle d’hystérique auto­ri­taire incroyable…), le film est bour­ré de scènes condam­nées à deve­nir cultes, sur­pre­nantes (évi­tez de regar­der la bande annonce) et grin­çantes – le pas­sage du pont, la salle de classe, le duel entre wagons…
Et c’est aus­si un film qui parle de l’«ordre natu­rel» entre les gens, des rap­ports de force dans la socié­té et entre les nations et dont la solu­tion pro­po­sée est sans conces­sion.

J’avais emme­né toute ma petite famille élar­gie en priant pour que ça ne soit pas un truc claus­tro et sen­ten­cieux et tout le monde est sor­ti ravi. On rit beau­coup jaune, on s’émerveille et on ferme les yeux quand le sang gicle.

Évidemment, je suis allé reje­ter un coup d’oeil sur la BD mais c’est quand même plus rough et vach­ti bavard et du coup, j’hésite à me la com­man­der. Je suis quand même ravi qu’une his­toire SF fran­çaise inven­tive, un truc prêt à par­tir au pilon chez Casterman soit mis en lumière par un bon cinéaste coréen. Voilà une adap­ta­tion qui aura ser­vi à quelque chose et qui défend une esthé­tique qui me plaît beau­coup, regar­dant plus vers Brazil de Gilliam que des trucs apo­ca­lyp­tiques US récem­ment sor­tis.

Ne regar­dez sur­tout pas cette bande annonce si vous vou­lez aller voir le film !

En écho à la BD, on trouve dans le film un des­si­na­teur qui repro­duit tout ce qu’il voit et qui des­sine comme Rochette – d’accord, c’est Rochette qui des­sine mais on ne voit que ses mains. Il paraît d’ailleurs que ses deux albums SF réa­li­sés avec Legrand, L’or et le tri­but vont être édités/réédités par Cornélius – j’en ai par­lé ici.

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8 commentaires

  • Wah,avec le lien on peut retrouver,émus,le scoop de Totoche!Quatre ans aupa­ra­vant!

    Rochette,invité de Mauvais genres,pour exprimer,persister et signer son enthousiasme.Il y a de quoi.Et-ouf-c’est même pas en 3d!!!(Le film.Mauvais genres non plus)

    • Ça prouve qu’il y a des pro­jets qui ne tombent pas à l’eau dans le ciné­ma et que Rochette est assez intel­li­gent pour appré­cier une adap­ta­tion très per­son­na­li­sée de son tra­vail – pas comme ce gros lourd de Stephan King.

    • Oui mais ça prouve que tu es encore jeune :-) Je suis content d’échapper à ça, je n’aime pas du tout le concept de ces engins qui causent.

  • Les cri­tiques sont bonnes et ça semble sombre et assez peu hol­ly­woo­dien. Donc ça me plait, je pense aller le voir bien­tôt, si je trouve le temps pour ça.

    • Perso, j’ai pré­fé­ré aller voir ça plu­tôt que Gravity qui m’a l’air un peu moi­si. Voilà ce que c’est que d’être enfer­mé dans une boîte pen­dant des mois.

  • Vu cet après midi. Pour moi, un très bon film, 2 heures empor­té dans l’histoire avec une fin qui change quelque peu des pro­duc­tions habi­tuelles. Curieux de lire l’histoire ori­gi­nale, que j’avais évi­tée pour les mêmes rai­sons que vous. (et je me disais , quand mon fils me posa la ques­tion :” Pourvu qu’ils n’en fassent pas une suite !”)

    • Je pense que ce n’est pas du tout dans les pro­jets de Bong Joon-ho qui a d’autres cas­se­roles sur le feu. Mais avec les pro­duc­teurs, on ne sait jamais. De toute manière, ça dépen­dra sur­tout du suc­cès aux States j’imagine même s’il a très bien mar­ché en Corée – les dis­tri­bu­teurs US ont cou­pé 20 minutes pour que ça fasse plus “film d’action”.

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