Sidney Sime

Sidney Sime (1867 – 1941) est ce qui est arrivé de mieux à Liver­pool avant les Beatles à ce qu’il parait. Après avoir été vécu de petits métiers (dont mineur !), il suit des études d’Art qui le mène­ront à faire une carrière d’illus­tra­teur fantas­tique. Il a beau­coup travaillé avec Lord Dunsany (un auteur qui fait partie des créa­teurs de la fantasy moderne, ce qui nous ramène au billet de la veille) qui a même écrit des textes pour accom­pa­gner des illus­tra­tions de Sime. Ses inven­tions visuelles, ses ambiances sont parmi les choses graphiques les plus belles que j’ai jamais vues et je me demande si Cadelo ne s’en est pas inspiré. Les livres qui sont consa­crés à son travail semblent ardus à trou­ver.

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  • 14 commentaires

    • En passant par ici,je suis toujours épaté par ces (re)décou­vertes et ces compo­si­tions,l’équi­libre,et le jeu de ces acquis;rien à retran­cher,rien à qui manque non plus.Cadelo?Cela n’est pas frap­pant sur ces trois repro­duc­tions.Le troi­sième dessin est formi­dable d’évo­ca­tion:Il donne furieuse envie de suivre le récit et les illus­tra­tions qui forment ce voyage(Je ne sais pas pourquoi mais ces lignes de fumée et ces chemi­nées me semblent etre sortis de l’ima­ge­rie popu­laire sovié­tique).

    • Pour Cadelo, ça ne se voit pas trop ici mais Sime a dessiné des monstres mous étranges qui me rappelle au moins Cadelo à ses débuts.
      Je suis d’ac­cord: la troi­sième illus­tra­tion donne une furieuse envie d’en savoir plus.

    • en tout cas rien a redire, un sacré coup de crayon, mais ma préfé­rée est surement la deuxieme illus­tra­tion un souci des détails a couper le souffle!!

      • En fait, il vaut mieux faire un tour sur l’en­semble des images. Il a créé des choses très variées. Mais en effet, ce souci du détail qui conserve l’am­biance géné­rale est magni­fique ici.

    • La dernière (les chemi­nées ?) me fait penser à « The Wall » (c’était Scarf le dir’ art’, un de chez Disney paral­lè­le­ment, c’qui est marrant). J’pense aussi à Beard­sley (décou­vert grace au CBD consa­cré à Comès). Bon, j’vais aller voir le site.

    • Superbe auteur, que je ne connais­sais pas. Merci ça fait du bien aux yeux. Il en aurait fallu du temps et de la chance avant le net pour faire ce genre de décou­vertes. J’ai toujours été très étonné par le manque d’in­té­rêt en France – des éditeurs mais aussi du grand public – pour ces auteurs. En Angle­terre il y a une tradi­tion de réédi­tion de ces livres illus­trés alors qu’ici même les « stars » (Dulac, Rack­ham, Niel­sen etc) sont absentes des librai­ries. Je n’ai trouvé qu’un cata­logue d’ex­po­si­tion sur Dulac. Les seuls à avoir tenté quelque chose sont les éditions Coren­tin dans les années 1990, mais les livres étaient un peu cher et ils se sont retrouvé dans les bacs à soldes. A côté de ça, comme tu le signa­lait dans ton billet précé­dent, fleu­rissent les livres des imita­teurs pas très inspi­rés dans les rayons fantasy, celte­ries, feerie… Comme si les éditeurs et les auteurs qui pompent voulaient cacher leur sources d’ins­pi­ra­tion (un peu comme chez Disney où tous les anima­teurs avaient les livres de Rack­ham ou Niel­sen grand ouverts sur leurs tables à dessin). Est-ce que tu aurais une expli­ca­tion à cet étrange situa­tion ?
      PS : en y réfle­chis­sant je me dis que ce n’est pas dû au fait qu’ils soient anglo­saxons puisqu’on ne trouve égale­ment AUCUN livre illus­tré par Gustave Doré par exemple en librai­rie depuis long­temps. Un vrai scan­dale quand on y pense !

    • @emg : mouaif, pas tout à fait convaincu :-)

      @Eric Tao : il y a quand même eu dans les années 60/70 toute une série de beaux livres publiés par les éditions du Chêne autour des illus­tra­teurs « oubliés » impor­tants du monde entier qui a dû faire sensa­tion à l’époque. Ces bouquins sont main­te­nant introu­vables.
      Pour ce qui est des raisons, il n’y a pas besoin d’al­ler voir très loin: très tôt, le livre pour enfants de luxe a été asso­cié à l’illus­tra­tion en Grande Bretagne (cf. Alice au Pays des Merveilles) et ce n’est pas par hasard que Dulac, illus­tra­teur français, a préféré s’exi­ler là-bas. En France, c’est plus complexe (bon, là je commence un pur délire person­nel). Déjà, on souffre du syndrôme « figu­ra­tif = caca » dû aux diverses révo­lu­tions pictu­rales qui ont secoué notre beau pays. Paris a été long­temps la capi­tale de la pein­ture mondiale mais du coup, l’illus­tra­tion a été perçue comme un parent pauvre dédié aux maga­zines popu­laires et à la presse. Les Anglo-Saxons n’ont jamais eu à choi­sir leur camps et la tradi­tion du beau livre de collec­tion riche­ment illus­tré a donné une image très flat­teuse à l’illus­tra­tion réaliste que l’on retrouve ensuite aux USA jusque dans les années 30, la photo­gra­phie finis­sant par balayer tout cela. Mais le goût de l’image bien faite n’a pas été perdu et le retour à un certain clas­si­cisme dans les couver­tures de pulps très riches (Frazetta…) puis avec une géné­ra­tion plus moderne mais amou­reuse de pein­ture figu­ra­tive (de Kaluta à Wrigh­ton etc…) a fini par rendre trans­gé­né­ra­tion­nel l’illus­tra­tion très léchée. Les États Unis ont célé­bré les Impres­sion­nistes comme ils ont beau­coup acheté les peintres pompiers français. En France, cette pein­ture impres­sion­nante tech­nique­ment parlante est morte de sa bour­sou­flure et son inca­pa­cité à diffu­ser dans la culture popu­laire (bien aidée par les intel­lec­tuels qui l’ont litté­ra­le­ment censu­rée). Quelqu’un comme Moebius qui ramène une culture clas­sique dans la BD moderne se reven­dique de Pyle, de Wyeth mais est inca­pable de citer des peintres français. C’est aussi un certain goût des États Unis qui impré­gnait toute la culture visuelle française de l’après guerre. Et les pompiers étaient encore du mauvais côté de la barrière. Tout n’est peut-être pas perdu puisqu’il semble que les amateurs d’Art commencent à se fati­guer des instal­la­tions et autres concepts pour s’in­té­res­ser à nouveau à un genre sous évalué (pour preuve l’ex­po­si­tion Gérôme à Orsay à partir du 10 octo­bre… quoi ?!? mais il faut que j’aille voir ça !). Reste à trou­ver un génie qui fasse le lien entre cette pein­ture bien française et une certaine moder­nité.
      Oula, je me suis décalé du sujet prin­ci­pal. Bref, en résumé, en France, l’illus­tra­tion c’est pour les enfants, pas pour les gens éduqués. C’est une des raisons de la qualité de la BD française pour enfants et des diffi­cul­tés que rencontre cette même BD française dans les médias tradi­tion­nels. Parce que je n’ai pas parlé non plus de la pres­sion des lobbys litté­raires sur les médias :-)

    • @ Li-an :
      figu­ra­tion = caca en france par une certaine critique d’art, oui.
      Mais l’illus­tra­tion n’est pas recon­nue comme Art noble, ni en France, ni aux états-unis.
      Dans le docu­me­taire sur Franck Frazetta « Pain­ting with Fire » les profes­sion­nels de la profes­sion (illus­tra­teurs moins recon­nus) se sentent encore obligé de le compa­rer à Rambrandt ou à Michel Ange, deux Peintres avec un grand P, pour faire valoir ses quali­tés.
      Un warhol réalisé par ses assis­tants (de plus en plus le cas en fin de carrière) coûte plus cher, à plus de recon­nais­sance et s’ac­croche plus faci­le­ment dans les locaux d’une multi­na­tio­nale qu’une couver­ture histo­rique de Blue­berry, ou qu’une pein­ture de frazetta.
      Concer­nant le goût de Moebius pour Wyeth, Pyle et bien d’autres peintres AMERICAINS (couver­ture de « hors la loi » inspiré d’un peintre U.S, nom que j’ai oublié) il serait logique de tenir compte de la fasci­na­tion exotique qu’on eu sur lui à une époque sujets et paysage western en autres.
      Moebius a déjà cité en inter­view des maîtres du dessin français tels que Gustave Doré, Ingres.
      Les peintres acadé­miques français (Bougue­rau etc)sont exotiques pour les améri­cains autant que les impres­sion­nistes, qui se retrouvent parfois chez-nous impri­més sur les calen­driers des postes ou les boîtes de choco­lat.

      Pour moi, son oeuvre étant parfai­te­ment incon­nue de ma rétine jusqu’à il y a 10 ans, les images de l’amé­ri­cain John singer Sargent sont terri­ble­ment atti­rantes de par leur rela­tive nouveauté plus encore que par leur côté exotique ; mais comme tu en a l’ha­bi­tude, je m’éga­re…

    • D’un autre côté, la côte de Frazetta s’est envo­lée et les prix des oeuvres de Moebius monte fort. Puisque l’Art ne semble se mesu­rer qu’à l’aune de sa valeur pécu­nière, on peut esti­mer que ces artistes sont recon­nus comme tels.

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