Les 110 pilules (Magnus – L’Écho des Savanes/Albin Michel)

Alors que la BD éro­tique refait sur­face, il était temps de faire un billet sur le seul album incon­tour­nable que je connaisse dans le genre érotique/pornographique. Magnus reprend ici un célèbre clas­sique chi­nois de Jing Ping Mei qu’il illustre déli­ca­te­ment avec une rigueur éton­nante. Hsi-Men Cheng, riche patri­cien et liber­tin, se pro­cure auprès d’un vieux moine méde­cin 110 pilules qui for­ti­fient le désir sexuel (un genre de Viagra, quoi). À ne consom­mer qu’une fois par jour. Mais la ten­ta­tion est trop forte et face à la peur de vieillir, Hsi-Men abu­se­ra du pro­duit miracle jusqu’à sa déchéance finale. Il faut dire qu’entre maî­tresses, concu­bines et pros­ti­tués des deux sexes, il a fort à faire…
C’est pro­ba­ble­ment le meilleur album de Magnus qui a su dépas­ser l’érotisme un peu hypo­crite de cer­tains de ses col­lègues (ça com­mence par un M aus­si) en réa­li­sant un album réel­le­ment por­no­gra­phique sans rien cacher des gali­pettes de notre héros. L’album fera par­tie de la pro­chaine col­lec­tion éro­tique de chez Delcourt qui se contente pour l’instant de réédi­tion ou d’import, ce qui ne va pas bien loin. Quoiqu’il en soit, rendre cet album de nou­veau dis­po­nible n’est que jus­tice à une époque où il sem­ble­rait que seules les jeunes femmes ont la pos­si­bi­li­té de par­ler de leur cul.
À noter que Cornélius réédite aus­si les Nécron de Magnus. Plus rigo­lo mais aus­si plus anec­do­tique.

preuve irréfutable

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25 commentaires

  • Si je ne m’abuse, Les 110 pilules avait connu une suite des­si­née par Georges Pichard. Mais ne l’ayant pas lu, j’ignore ce que ça pou­vait bien don­ner…

    Absolument d’accord en ce qui concerne M (pour ma part je suis un incon­di­tion­nel de Crepax)

  • Il fau­drait que je relise Crepax dont le tra­vail ne cor­res­pon­dait pas à mes envies à l’époque où on le trou­vait faci­le­ment… Je ne sais même pas si j’ai eu la ver­sion Pichard entre les mains…

  • Ben, de petits enfants peuvent y débar­quer en cher­chant “Boule de Suif”. J’ai le sens des res­pon­sa­bi­li­tés moi, môs­sieur.

  • Tu connais “L’affaire Louis Trio ” ?

    … avec Cleet Boris qui chan­tait :

    Non non tout mais pas ça,

    tais toi tais toi,

    non ne racontes pas ça,

    ohhhh non tais toi … ”

  • moi je trouve le des­sin de Magnus un peu froid sur les “110 pilules “et j’avoue ne pas detes­ter le “Histore d’O de Crepax son trait “vibrant” me parait plus sen­suel que la pré­ci­sion gra­phique d’un Ma…:)

  • Magnus n’a jamais fait par­tie de mes des­si­na­teurs favo­ris (tout comme l’autre “M” d’ailleurs), même si l’humour de Necron n’est pas désa­gréable. Crepax, par contre, c’est un auteur sub­til, qui aime faire réfé­rence aux clas­siques de la BD.

    Dans le genre “por­no chic”, je trouve que la plus belle BD est Les perles de l’amour, de Georges Levis, grâce à son humour déca­lé et sa belle tech­nique au lavis.

  • Crepax semble faire l’unanimité par­mi mes lec­teurs. J’avoue que j’ai eu du mal avec sa nar­ra­tion.

    Les perles de l’amour est un peu étrange : on n’est pas sûr de lire un bou­quin éro­tique.

  • C’est peut être parce que les meilleurs albums de Crepax (avec le monde de Valentina) ne sont pas faciles à trou­ver aujourd’hui. Comme beau­coup d’autres, j’ai décou­vert Crepax dans Charlie Mensuel. Cette décou­verte du des­si­na­teur dans un jour­nal que l’on lit régu­liè­re­ment ren­dait les choses plus facile. Cela per­met­tait de péné­trer sans effort (à la longue) dans son uni­vers per­son­nel. C’est une chose que l’on a per­du avec la pré­émi­nence actuelle de l’album.

  • c’est bien de ne pas avoir été ponc­tuel aux “RDV” de ton blog , comme ça je fouine et je découvre des choses :-)
    aahhh oui quelle made­leine de proust cet album , je l’avais oublié …mais je l’ai lu aus­si et j’en garde effec­ti­ve­ment un sou­ve­nir excellent ! un album vrai­ment hot avec une his­toire inter­es­sante …

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