Le nouveau zoo ( Guy Counhaye – Spirou n° 2204 )

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Je ne sais pas grand chose de Guy Counhaye qui a égayé les pages de Spirou avec des histoires humoristiques/poétiques/SF avant de créer le Professeur Stratus chez Le Lombard. Il semblerait qu’il se consacre désormais à l’illustration jeunesse. Ces deux planches montrent à quel point son dessin précis et caricatural à la fois pouvait être séduisant. Et les couleurs sont magnifiques. Il aurait mérité mieux que ce semi oubli… Au point que cette histoire de 1980 est même créditée à « Conhaye » (sic).

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40 commentaires

  • J’ai un peu honte … mais il faut bien l’avouer : pendant toutes des années où j’ai acheté le journal Spirou, je ne faisais pas attention aux pages de Counhaye.

    Aurais-je eu tort ?

  • @Raymond : Counhaye, c’est un petit peu l’anti bling bling. Il a ensuite créé un petit personnage extra terrestre qui s’étonnait de la nature humaine. C’était sympathique et vaguement triste (la tristesse, c’est très années 80 :-)). J’ai quand même préféré sa jolie histoire « héroïque fantaisie » que je ressortirai un de ces jours.

    @Colombine : de rien. Dans le cas de Counhaye, il faut aussi la tasse de thé, j’ai l’impression :-)

  • J’aimais infiniment Counhaye,et il semble que la rédaction croyait en lui,tant Martens que De Kuissche…Mais j’aimais son sens du merveilleux,moins la s.f…
    Il animait aussi il ya 20 ans le professeur Stratus,repris il y a peu…Il fait partie de le grande famille des auteurs lents..!Il faudra songer un jour à en étudier le profil type!Dont une part probable de mélancolie…Qui se souvient de Bobul et Schnouf!?Ouiii,cet extraterreste accompagné d’un chien blanc;Je crois que la grande force des gens comme Counhaye reste une singularité,un ton,une touche sensible(comme un Carlos Roque,par exemple)qui fait fuir les gosses(pas tous)et les plus grands qui excécrent ce qu’il croient etre de la naiveté…Une part de folie douce,de candeur…

  • Li-An >> Ah d’accord, c’est de celui-là que tu parlais quand tu évoquais « sa jolie histoire héroïque fantaisie”, je n’avais pas tilté.

  • Il avait, si je me souviens bien, un encrage assez particulier, avec une succession de petits traits longitudinaux, qui n’apparait pas sur les planches que tu montres (ou c’est pas assez zoomé, ou c’est ma vue qui baisse ou mon écran qui est pourri).

    C’est curieux, cet après-midi, je ne sais pas pourquoi, en me baladant, je me suis mis à penser au Blabladoigt :-)

    En parlant de la collection « Carte Blanche », j’ai vu qu’ils allaient ressortir Les Grandes amours contrariées de Berco et Cauvin ! C’était très con, mais ça me faisait bien marrer.

  • Oui c’était chouette, les Grandes Amours contrariées… Parc contre, j’ai du mal à comprendre tes histoires de petits traits… :-)

  • Oui,Totoche a bien observé:C’est un peu comme du Wasterlain,grande époque,mais sans doute moins instinctif,plus »pensé »,pour ne pas dire théorisé…Où le rond de Marcinelle faisait place au trait »cassé »,dont le charme est absolu…Je dis ça,je dis rien,hein…

  • Aaaaah, Karabouilla et les belles vacances, La Planète des Chats, L’île des Hommes-Papillons, etc … Tais-toi, Julien, tu retournes le couteau dans la plaie…

  • Gare à la triste désillusion de la relecture..!Souvent,le charme est là,l’ensemble est-objectivement-fabuleux,mais-subjectivement-on peine à retrouver nos joies,notre plaisir…C’est que,l’enfant qu’on était,lui,est resté coincé entre les cases,avec sa p’tite voix intérieure…Ne reste plus alors que le récit,à l’état brut.A quand mon internement?
    Wasterlain avait conçu cette histoire là en feuilleton,redessinant le bandeau-titre chaque semaine,je crois m^me écrivant un petit résumé…
    « L’ile des hommes papillons »:Un sommet dans l’art de Wasterlain,le dessin exceptionnel,un découpage remarquable…Des couleurs écrasant le tout,affreusement…Counhaye,il me semble,n’a m^me pas eu ce succés populaire,cette chaleur d’un public restreint mais passionné.

  • On peut être déçu sur le moment par la relecture mais c’est quelque fois aussi l’opportunité de passer à un autre degré de lecture :-)

  • J’ai vu Marc Wasterlain à un festival au printemps, il m’a dit qu’il n’avait plus d’éditeur. Du coup il est contraint de vendre ses dédicaces (20€, pas cher pour un beau dessin pleine page, mais pas donné pour une dédicace)…

    Je sais qu’il avait eu de graves problèmes de vue qui ont nécessités une greffe de cornée, mais il ne semble pas avoir de rapport. Visiblement Dupuis a décidé d’abandonner Jeannette Pointu, et Casterman a aussi arrêté Docteur Poche.

    Le site officiel de Marc Wasterlain, il y parle de ses ennuis avec Dupuis : http://wasterlain.cubitusbd.com/

  • Je n’ai pas trouvé la page en question. Mais je vois qu’il y a une revue créée par des fans qui m’a l’air très intéressante…

  • Wasterlain est un peu délaissé,oui;peut etre en a t’il une part de responsabilité..?Mais Dupuis n’a eu de cesse d’exiger de lui du »moins enfantin »,du »mieux clairement ciblé »etc…Jeannette Pointu est le bon exemple d’un désir fort de l’éditeur de se débarasser d’un auteur et de son personnage(il s’en explique sur ce site de fan:Passez par wikipédia).Aux dernières nouvelles,un peu pathétiques,le grand Wasterlain(soutenu souvent par son pote Walthéry)anime les »pixels »dans la nouvelle version de PIF gadget(pas vu);on lui doit des scénarios pour le studio peyo(anonymement,quelques coups de main)chez Bayard presse également…On est loin de Karabouilla,mais c’est assez cruel et facile de ma part…Cependant,je me souviens(au printemps 2002)que Wasterlain avait illustré une histoire courte,trés belle,originale et sensible imaginée par un Zidrou,inspiré,visiblement influencé par wasterlain lui m^me,sans doute conçu pour lui,avec l’intention de renouer avec cette veine contemplative,humaine et traversée d’une poésie sincère…

  • les deux derniers trucs que j’ai lu de wasterlain (un jeannette pointu récent et un scénario de natacha également récent, que je lus lors d’une visite chez mes parents, ma mère les avait empruntés à la bibliothèque) étaient d’épouvantables daubes sans intérêt, ça me désole de le dire. dans le natacha on avait même droit au: «oh, on a découvert une vallée inconnue où habitent les derniers dinosaures sur terre mais — zut de zut! — l’appareil photo s’est enrayé, on ne pourra pas rapporter de preuves, et en plus le chemin s’est refermé à tout jamais, c’est bête quand même!», qui est une pirouette scénaristique sans doute aussi détestable que l’indémodable «ce n’était qu’un rêve». je serais éditeur, je ne laisserais pas travailler un scénariste comme ça. dommage parce que le dessin du jeannette pointu restait de bon niveau quand même (quant au dessin de walthéry, que j’aimais autrefois, il m’ennuie profondément aujourd’hui).

    ah là là… désolé li-an, je sais que tu n’aimes pas qu’on vienne dans ton salon pour dire du mal des dessinateurs que tu aimes. :) ce que j’en pense surtout c’est que c’est dommage de voir un dessinateur aussi inspirant devenir un conteur aussi insipide… pourtant, les premiers jeannette pointu n’étaient pas mauvais du tout… (je n’ai bizarrement aucun souvenir de docteur poche… l’ai-je lu?)

    sinon, @julien : je cherche via wikipédia, je fouille dans le site du fan et je suis incapable de trouver la page en question. tu n’aurais pas une adresse plus précise à nous proposer?

  • @julien : le docteur Poche chez Casterman n’est pas génial non plus. Il s’est tourné à un moment vers un public plus jeune. Le dessin aussi s’est beaucoup relâché.

    @david t : il faut lire les Docteur Poche de chez Dupuis. Les premiers sont magnifiques et sont de véritables chef d’oeuvres… Jeannette Pointu est intéressant dans son approche « hergéenne » mais ensuite il se contente d’histoires plus simples. C’était probablement un des auteurs les plus prometteurs de Dupuis mais il a pris un drôle de chemin. Il aurait dû partir vers des choses moins évidentes peut-être. Il y a probablement aussi des raisons privées à cette « absence » d’ambition.

  • @Li-An : en tout cas je me rappelle avoir bien aimé la nuit de l’inca à l’époque… quant aux docteur poche c’est vraiment bizarre, je connais le personnage mais je réalise que je n’en ai probablement jamais lu, ou alors je n’en ai aucun souvenir. si je tombe sur un des premiers tomes d’occasion je veux bien investir là-dedans.

    sans connaître les tenants et aboutissants de l’affaire, je comprends wasterlain d’avoir abandonné sa veine fantastique, quand je vois par exemple comment macherot fut traité à la même époque alors qu’il navigait des eaux semblables… mais je ne peux que le déplorer, si c’était finalement ça sa grande force et que les circonstances l’ont obligé à faire des choses plus «jeune», plus dans l’air du temps (ce qui est devenu une sorte de tare avec les jeannette pointu récents qu’on dirait faits pour remplir un cahier de charges lié à l’actualité du monde).

    dur, dur, la vie d’auteur…

  • Je ne veux pas « excuser » Wasterlain,mais je crois qu’au milieu des années 80 on lui a fait savoir qu’il était bien gentil,mais…Pas vendeur;il faut savoir que dés cette époque Dupuis tirait son docteur poche(c’est vrai que la version Casterman est plus enfantine)à 25 000 exemplaire et bien mal diffusé…Aujourd’hui,on diffuse mieux et 25 000 ne parait plus ridicule…Il a toujours eu des difficultés à dessiner,les albums marquent des inégalités,des styles se cherchant,ne pouvant-physiquement!-assurer le beau trait rond cher à l’école Belge.Cela a donné lieu à une période(1976-1988?)gracieuse,avec des hauts,trés trés hauts…Petite hypothése,j’insiste,je pense que Wasterlain a été paumé,perdu entre ce à quoi il aspirait,ce que le public aimait(et souhaitait),et-vraiment ne négligeons pas cela-les exigences d’un éditeur peu enclin à cette « poésie »…A cela s’ajoute que Marc Wasterlain est et demeure de cette vieille bonne école de BD Belge(aucun mépris dans mes propos:Elle m’a nourri,m’a fait r^ver)et non dans la lignée d’un Tardi,d’un fred qui ont su dire merde,ont été entendu par des éditeurs plus curieux(Goscinny,Vidal…).Wasterlain a répondu aux commandes,il a comme R.Macherot, été laché et n’a pas rassemblé tout son courage,toute ses ambitions…Trop sensibles?Affectés-sincérement-par leurs déboires,le si peu de soutien..?Aujourd’hui,Wasterlain est un gars malade de ses hanches,de ses yeux;un gars qui a cotoyé le génie(l’art de transmettre à toutes,à tous ses envies,ses histoires)et n’a su quoi en faire…Mais c’est toute l’histoire des Belges qu’on peut entrevoir là..!?Et je ne sais pas si-d’un point de vue romanesque?-le manque d’ambition,n’est pas AUSSI une façon d’etre,de penser tout-à-fait louable…Et belle.

  • Je viens de me rendre compte que je parlais de moi,là,finalement…A lire,relire le numéro des cahiers de la bd(1986)avec un grand dossier Wasterlain,un entretien passionnant qui laisse entrevoir le « profil » de cet homme et sa situation actuelle…Tout était déjà présent,en germe…

  • Comme tu le fais remarquer le système ne l’a pas aidé mais il est un peu frustrant de voir qu’il a travaillé à une époque où il y avait possibilité de ne pas rester coincé dans un système et il n’a pas su en profiter. D’un autre côté, Dupuis était considéré comme un havre de paix très confortable et il pouvait sembler aventureux de partir ailleurs. C’est malheureusement le lot de beaucoup de personnes qui travaillent pour une industrie artistique.

  • David a raison;j’ai fait quelques chouettes découvertes à Montréal,ma chére Montréal!..Je parlais des réapparitions de Wasterlain dans ce PIF relancé il ya 2 ou 3 ans;v’là t’y pas que Guy Counhaye aussi y a fait un ptit tour…Ou encore Olis,qui fut un trés grand dessinateur,jeune et déjà oublié qui semble s’etre « sabordé »…Pour ce qui est des derniers Pointu,Provisus a peut etre des explications:On peut remarquer dans un des derniers récits un bien joli « caviardage »à la fin d’une des histoires…

  • @Provisus : oui mais on remarquera qu’il a entraîné Jeannette sur la pente de la fantaisie, ce qui prouve qu’il ne savait plus trop comment l’utiliser. Ou plutôt qu’il revenais à ses premières amours. Ça fait penser un peu aux dernières histoires de Macherot sauf qu’il part un peu trop en roue libre. Mais j’aime beaucoup sa fantaisie lorsqu’elle est bien construite.

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