Moonrise Kingdom, un film de Wes Anderson

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Il était une fois une jeune princesse qui vivait avec ses parents dans un grand château vide et froid et qui n’avait pas d’amis… Je recom­mence. Il était une fois un jeune orphe­lin qui décida de remon­ter la piste des Indiens Chipa­wa­ga…
Le dernier film de Wes Ander­son est toujours aussi léger et délicat et surréa­liste mais au lieu de nous présen­ter des hommes nostal­giques d’une enfance perdue ou qui n’a pas été, il met en scène deux enfants qui se construisent ensemble. Sam s’évade de sa troupe scoute pour rejoindre Suzie dont il est tombé amoureux l’année précé­dente. Les deux traversent une île baignée d’un soleil d’été, poursui­vis par un shériff un peu pataud, ses parents au bord de la sépara­tion et une troupe de scouts pas parti­cu­liè­re­ment tendres. C’est évidem­ment un conte comme les enfants aiment à s’en racon­ter, subti­le­ment écrit. En effet, Suzie, look de Lolita boudeuse, est passion­née par les romans d’aven­tures fantas­tiques qu’elle vole dans les biblio­thèques pour avoir l’impres­sion d’avoir un secret. Sam se voit en aventu­rier intré­pide vivant de la pêche et dormant sous la tente. Les deux univers se mélangent et les clins d’oeils au monde des contes sont nombreux – je n’ai d’ailleurs lu aucune critique journa­lis­tique abordant ces thèmes, les journa­listes cherchant surtout le lien avec les films précé­dents. Une scène est tout à fait étonnante : Bill Murray, le père Droopy, en bûche­ron endor­mi, ne voit pas sa femme s’envo­ler en bicyclette vers son amant puis sept nains et une princesse s’enfuir de la maison. Et je ne parle pas de Tilda Swinton, la sorcière dans Narnia, en Service Social, qui arrive par les airs avec un look de sorcière du Magicien d’Oz. Les deux enfants vont donc vivre les aventures dont ils rêvent (combats, évasion, amour…) sans même s’en rendre compte. 77816-moonrise-kingdom

Visuel­le­ment, c’est plein d’idées magni­fiques et on retrouve le goût des cartes, des maquettes et des couleurs de Ander­son. Comme si avoir les plans des choses permet­trait de mieux expli­quer un monde de senti­ments impos­sibles à cerner. Les scènes autour du spectacle d’été qui annonce d’ailleurs la fin du film sont d’une inven­ti­vi­té à la Felli­ni. Si le film paraît plus léger dans la théma­tique (les adultes sont repous­sés en périphé­rie), je le trouve du point de vue du scéna­rio plus ambitieux que ses précé­dents films. Ou plutôt, je rever­rai bien ses précé­dents films à l’aune de celui-là…
Et restez jusqu’au bout du générique, il y a une jolie idée à la fin.

Appel

Les livres que Suzie emmènent avec elles dans son escapade sont tous inven­tés. Elle en lit des extraits et montre les couver­tures. Il me semble avoir croisé les couver­tures de ces faux livres sur le Web – une idée que j’adore – mais impos­sible de les retrou­ver. Si quelqu’un est plus malin que moi…

Ne regardez pas la bande annonce

Si vous avez plani­fié d’aller voir ce film, évitez la bande annonce qui gâche bien trop d’effets. Je l’avais malheu­reu­se­ment vue deux ou trois fois et je l’ai bien regret­té.

Bonus

Jérôme nous donne dans les commen­taires le lien vers un court métrage où on peut admirer des séquences d’ani­ma­tion relatives aux livres empor­tées par Suzie.

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