District 9, un film de Neill Blomkamp

affiche-district9 On ne peut pas dire que je vous saoûle avec les films récents de SF. Faut dire qu’en général ce n’est pas la science fiction telle que je l’entends et il devient compliqué de trouver des choses excitantes dans le genre (bon, j’en ai loupé quelques uns qui semblaient valoir le détour notamment un truc qui montraient des usines mexicaines où les gens étaient télécommandés des States (?)). District 9 avait un concept qui m’interpellait bien: les ET sont sur Terre mais tout le monde s’en fout et ils sont parqués comme … des immigrants clandestins. Voilà une thématique intéressante. Évidemment, la bande annonce annonçait flingage à tout va, hélicos vrombissants mais j’ai fait confiance au critique de T… et je me suis bougé.
En effet, les ET ont débarqué ou plutôt ont été débarqués. On ne sait pas d’où ils viennent et ils ne semblent pas le savoir eux-mêmes. Ils sont perdus, ils n’ont rien, on les parque dans Johannesburg en attendant mieux. Au bout de vingt ans, la zone est devenu un bidonville pourri gangrené par la mafia nigérianne (excellente idée) qui deale… du pâté pour chat (idem). En échange d’armes aliennes qui ne servent à rien puisqu’ils sont les seuls à pouvoir les utiliser. Wikus van der Merwe (interprété par Sharlto Copley) est un petit fonctionnaire zélé et pas très fututte chargé du déplacement de la population alienne (surnommés les crevettes…parce qu’ils ressemblent à des crevettes) pour un camp soit disant plus accueillant mais le film qui se présente pour partie comme un documentaire donne aussi des points de vue différents de la situation où on finit par comprendre que l’organisme (MNU) chargé de cette évacuation est directement sous les ordres d’une société d’armement qui veut mettre la main sur un maximum de matériel militaire alien. Voilà donc notre ami Wikus tentant de faire signer des papiers à des crevettes un peu dépassées par la situation et qui finit par tomber sur un tube qui lui crache au visage un liquide noir. Cet incident va le faire passer de l’autre côté de la barrière…
Autant vous prévenir tout de suite, contrairement à ce que laisse entendre la bande annonce tonitruante et pleine d’action (avec voix virile de rigueur), c’est un film très drôle à l’humour très noir. Van der Merwe est un type gentil et gentiment raciste (c’est quand même un Sudaf, hein) qui fait son boulot avec un entrain surréaliste (la scène d' »avortement » restera dans les annales) dans une fable sur un problème bien trop contemporain: la gestion des populations indésirables, la confrontation d’une logique administrative soutenu par la force et une misère impuissante (on aurait dû appeler ce film Jungle 9 vu l’actualité). Un des intérêts du film c’est de ne pas présenter les aliens comme des victimes souffreteuses. Leur logique échappe aux humains et la violence semble être un comportement naturel chez eux pour des raisons volontairement obscures. Lorsque les problèmes de van der Merwe commencent, la satire est toujours au rendez vous avec une descente dans la folie de la logique des intérêts financiers face à la vie humaine (ou alienne) très gratinée. C’est aussi un film sur la manipulation médiatique et la gestion de l’opinion publique et la production a créé un site qui donne le point du vue du MNU et un site de défense des droits des aliens. Malheureusement, pour faire de l’oeil à un public « jeune », les scènes d’action « obligatoires » de la fin ne sont pas à la hauteur du propos (pas super filmées en plus) malgré un robot armé bien fichu. Mais je vous le conseille fortement si vous n’avez pas peur de quelques instants assez gore (mais pas gratuitement).

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4 commentaires

  • Je me suis rué comme un mort de faim sur ce film (les bons films de SF sont rares) et je n’ai pas été déçu. Enfin, j’ai adoré mettons les 3/4 du film, c’est à dire tout ce qui met en scène le discours dégoulinant de bons sentiments à propos des aliens, et qui dissimule (très mal) les intentions fachistes et le racisme assumé. C’est bien vu, notamment le discours stereotypé / bien pensant des autorités qui se heurte au réalisme (mis en forme par le « treportage » caméa sur l’épaule) de la situation des aliens.
    Mais par contre, la fin est ridicule : on bascule brusquement dans le conte de fées, avec héroïsme, bataille, bons sentiments , ralentis interminables, et intervention d’une voix off (enfin, un texte à l’écran) qui conclut l’histoire. Bref, c’est un beau retournement de veste intégral. Starship trooper reste encore pour longtemps inégalable.

  • Il y a quand même le plantage du « héros » qui se carapate avec le vaisseau qui est bien vu. Je regrette quand même ne pas l’avoir vu en VO, l’accent sudaf doit bien rendre…

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