3h10 pour Yuma, un film de James Mangold – et des dessins de Giraud

3h10-yuma-affiche

Je m’étais promis de chroniquer tous les westerns que je verrai pendant que ce blog tourne mais, quelque fois, la tâche est dure. Prenez par exemple ce remake réalisé par James Mangold d’après un film de Delmer Daves avec Van Heflin et Glenn Ford tiré lui-même d’un roman d’ Elmore Leonard. J’ai ai lu des critiques positives voire enthousiastes et c’est avec un sourire confiant que j’ai enfourné la galette dans le mange-DVD, assuré de passer un bon moment. Que nenni!
Dan Evans (interprété par Christian Bale), ancien soldat confédéré qui traîne sa jambe et son blues d’éleveur proche de la ruine, croise le chemin du charismatique mais vicieux Ben Wade (ici Russell Crowe) qu’il se décide à convoyer à Yuma pour le train de 3h10, histoire de toucher un peu d’argent. Sauf que la bande de Wade ne l’entend pas de cette oreille sans compter les rencontres dangereuses du voyage. Je n’ai pas vu le film original et je le regrette. J’aurais été curieux de voir comment il a été construit. Parce que cette version est calamiteuse. Comme le suggère l’affiche, on est loin des westerns ambitieux récents qui mélangent reconstitution âpre et une espèce de coolitude, de rythme des saisons propre aux gens qui voyagent à cheval dans les étendues sauvages. Mangold lorgne du côté des westerns spaghettis avec looks trop travaillés, tronches caricaturales et rajoute un rythme trépidant. Mais ça tourne dans le vide. Le scénario est un peu décousu et donne l’impression que des scènes de liaison ont sauté au montage, les motivations finales du méchant sont mal amenées (SPOIL: impressionné par le courage d’Evans, Wade décide de lui donner un coup de main jusqu’à flinguer ses propres acolytes), les scènes d’actions sont banales et le casting est juste un peu planté. Aucun des persos ne m’a paru crédible (la palme à la femme de Bale qui ressemble à tout sauf à une femme d’éleveur de la cambrousse). Pourtant il y avait de la matière: les rapports entre Evans et son fiston rebelle sont intéressants et pas clichés, les propres faiblesses d’Evans en font un personnage intrigant mais visiblement, il y a eu de grosses consignes pour en faire un film d’action et il est plutôt faiblard de ce point de vue. Bref, vous pouvez vous en passer (et je ne mets même pas la bande annonce, tiens). Pour me faire pardonner, deux images de Giraud, un dessin pour le champagne Taittinger et un truc dont j’ai oublié la provenance.

Si c'est dans le journal...
Si c’est dans le journal…
Vous m'en mettrez une caisse - carte de voeux Taittinger
Vous m’en mettrez une caisse – carte de voeux Taittinger

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-moi en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée.

Étiquettes
,

14 commentaires

  • Le Delmer Daves est très recommandable… Un beau noir et blanc très contrasté, un beau travail sur les décors et l’espace, avec des mouvements de caméra assez aériens, et un duo de personnages assez touchant (Delmer Daves semble plus adepte d’un western humaniste attaché à des personnages pas forcément extraordinaires -d’où sûrement son goût pour un acteur comme Glenn Ford- que du western pyrotechnique et crasseux que tu décris là).
    De Daves, j’ai vu aussi « La colline des potences », très bien également, en couleur cette fois, et avec un trio de personnages cabossés joués par Gary Cooper, Karl Malden et Maria Schell.

  • Une très bonne salle de cinéma parisienne avait eu la bonne idée de ressortir la version de Delmar Daves au moment où le remake de Mangold était à l’affiche. La comparaison était sans appel.

    Le remake est effroyablement raté, chichiteux et ennuyeux. Un film bling-bling où les moyens mis en oeuvre (acteur vedette, reconstitution historique, scènes d’action – ou supposées telles) ne cachent que la vacuité du propos. Beaucoup de bruit pour rien.

    C’est tout le contraire dans la version de Delmar Daves. Retenue des effets, concision, simplicité. Un film où (de mémoire) une bonne partie de l’action est limitée à la chambre d’hôtel où est retenu le méchant (merveilleux Glenn Ford). Du classique, du solide qui tient la route malgré les années !

    Les nouvelles et romans western d’Elmore Leonad valent aussi le coup d’être lus, particulièrement ‘Valdez arrive’ et ‘Hombre’.

  • C’est vrai que le film ne vaut pas tripette. Dommage, Elmore Leonard est un auteur remarquable. Hélas, les nombreuses adaptations cinéma dont ses livres ont été l’objet parviennent rarement à retrouver la redoutable efficacité de son écriture.

  • Moi j’aime beaucoup « Quand les femmes sortent pour danser », un recueil de nouvelles paru chez Rivages. Le format « histoires courtes » convient à merveille à son style concis et, comme toujours avec cet auteur, les récits sont prenants et les personnages attachants.

  • Côté Western, outre ‘Valdez arrive’ et ‘Hombre’, j’avais bien aimé ‘les chasseurs de primes’. A vrai dire, j’ai aimé quasiment tous les westerns de Leonard.

    Pour les polars, ‘Glitz’, ‘Killshot’ et ‘Zigzag movie’. J’avais entendu dire que ‘Homme inconnu N°89’ était l’un de ses meilleurs romans, mais je ne l’ai pas encore lu. J’ai également entendu bcp de bien de l’un de ses romans les plus récents ‘le kid de l’Oklahoma’, d’ailleurs déjà adapté en bande dessinée.

    A éviter : ‘La guerre du whisky’, plutôt faiblard et sans intérêt.

  • J’ai revu les deux versions enDVD récemment : effectivement le remake ne s’imposait pas.

    Pourvu que personne ne fasse un remake de RIO BRAVO…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *