Le secret d’Orbæ (François Place – Casterman)

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Le dernier roman de François Place m’ayant vraiment beaucoup plu – cf. billet ici, il était tentant de me faire offrir pour Nouel Le secret d’Orbæ, un riche coffret se dérou­lant dans le fasci­nant univers inven­té dans l’Atlas des géographes d’Orbæ.
Ledit coffret est consti­tué de deux petits romans Le voyage de Corné­lius et Le voyage de Ziyara et un port folio de 18 images sous joli carton à dessin décoré.

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Le voyage de Corné­lius raconte la quête de Corné­lius, jeune marchand qui achète sur un coup de tête une virtuelle cargai­son d’un tissu incroyable de légère­té et sensible à la lumière dont il a juste l’équi­valent d’un foulard. Il apprend peu après que ce tissu provient d’un pays incon­nu – Orbæ – et il n’aura de cesse de le retrou­ver.
Le voyage de Ziyira parle, lui, de Ziyira, petite bergère devenue amiral de toutes les flottes de Candaâ qui croise le chemin de Corné­lius et pense le perdre à jamais.
Le port folio illustre diverses scènes des deux romans.

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Il faut donc commen­cer par lire Corné­lius où Place démontre encore une fois son talent de rêveur de monde. Corné­lius est un jeune marchand ”hollan­dais” qui parcourt le monde à la recherche de richesses à commer­cer et qui en profite pour le carto­gra­phier. Son voyage est une avancée inexo­rable et fasci­nante : décou­vrez les pierres de lune qui brillent dans l’obs­cu­ri­té en fonction de la lunai­son, admirez les éléphants-poulpes, tremblez devant la Garde de la Nuit qui élimine tous ceux qu’elle croise et rêvez à l’Île Bleue qui tremble au loin, à jamais inacces­sible. Le charme vient encore une fois de la grande culture de Place qui crée un univers très proche du notre et pourtant diffé­rent et source d’émer­veille­ment.
Ziyira est du coup un peu plus faible : une partie de l’his­toire croise celle de Corné­lius et on tourne les pages un peu agacé de revivre la même chose – même si le point de vue est diffé­rent – et heureu­se­ment la dernière partie clôt l’his­toire de manière impres­sion­nante avec la Carte-Mère qui garde la trace de tout ce qui est fut et de ce qui peut être (une parabole magni­fique sur le pouvoir du rêve et de l’ima­gi­na­tion).

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Il est préfé­rable d’appré­cier ici la litté­ra­ture jeunesse : l’uni­vers visité est beaucoup plus accueillant que notre bonne vieille Humani­té – on est loin de Jack Vance où le voyageur est confron­té à la rapaci­té des auber­gistes et des condi­tions de vie souvent compli­quées. Dans le monde de Place, les moustiques ou les puces n’existent pas, les gens sont beaux et aimables et le danger est toujours très limité.

Pour les fans, c’est un objet indis­pen­sable réali­sé avec soin sauf la maquette des deux livres un peu cheap – et Ziyira a même droit à des pages blanches pour avoir une pagina­tion équiva­lente à Corné­lius. Et fabri­qué en Chine, histoire de nous faire voyager encore un peu ?

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