Métal Hurlant (Gilles Poussin, Christian Marmonnier-Denoël Graphic)

Evi­dem­ment, je ne pou­vais pas pas­ser à côté de ce truc puisque Métal Hur­lant est direc­te­ment à l’origine de ma voca­tion d’auteur BD.
Voi­là donc un énorme pavé très ambi­tieux et par­ti­cu­liè­re­ment riche sur la vie, la gloire et la mort du maga­zine BD fran­çais le plus exci­tant qu’il y ait jamais eu. Plu­tôt que de ron­ron­ner l’histoire offi­cielle, Gilles Pous­sin et Chris­tian Mar­mon­nier ont eu l’idée de génie d’appliquer le ton Métal à leur bou­quin. On a donc droit à des frag­ments de com­men­taires écla­tés appor­tant des points de vue paral­lèles et pas mal contra­dic­toires sur les évè­ne­ments et la vie quo­ti­dienne du (à un moment) men­suel. Ce mélange de règle­ments de compte, de paix retrou­vée, de regrets éter­nels et de mau­vaise foi impayable est un réel hom­mage à une revue qui a vécu et sur­vé­cu sur­tout grâce à la per­son­na­li­té de ses ani­ma­teurs. Dion­net est royal et déca­dent en fan de comics tom­beur de play­mates, Manœuvre rock explo­sé en tyran domes­tique assoif­fé de bou­lot, j’en passe et des meilleurs.
S’il y a des reproches à faire, c’est que la richesse de la revue ne per­met pas à tout le monde de s’exprimer dans le bou­quin. Si la bande rock est mise en avant (alors que cette orien­ta­tion de la revue m’a tou­jours vague­ment ennuyée même si je suis tom­bé moi aus­si dans le concept :-)), je reste sur ma faim avec l’absence de Caza, Nicol­let ou Cla­ve­loux en tant qu’ inter­ve­nants alors qu’ils ont pour­tant publié des choses mar­quantes chez les Huma­nos. Et que dire de l’absence totale de com­men­taire sur la pre­mière publi­ca­tion de Phi­lippe Mou­chel dans Métal !!!!
Quoiqu’il en soit, si comme moi, vous avez cou­ru les bro­can­teurs jusqu’à pos­sé­der les 6 pre­miers numé­ros de MH, vous ne pou­vez pas pas­ser à côté de ce bou­quin enthou­sias­mant à une époque de ron­ron­ne­ment inten­sif…

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19 commentaires

  • Les fans pos­sé­dent plu­tôt la revue ;o)
    Pour ce genre de bou­quin, il faut être un cran au des­sus, un "faniac" comme on dit aux US. On y cherche tou­jours les manques, les omis­sions ou les erreurs des auteurs.
    Mais bon … ça peut être utile pour la petite his­toire.
    Com­bien vaut ce pavé ?

  • 40 € et j’ai essayé de me le faire offrir pour Noël :-) C’est quand même un beau bou­quin qui mérite la lec­ture (après on peut peut être l’emprunter à la média­thèque locale).

  • En effet, ça com­mence bien avec des contre véri­tés, du copi­nage inten­sif… et l’impossibilité de pos­ter un com­men­taire pour cause d’antispam débile. Quelqu’un a l’adresse email de Dion­net que je l’abreuve de com­men­taires aga­cés ?

  • Il est quand meme vague­ment dépri­mant ce bou­quin. Et ça a un côté recueil de com­mé­rages rances, de ragots et de règle­ments de compte pas très élé­gant ni très fun. A la fin, on a quand meme un peu de mal à croire que cette poi­gnée de sales types (il n’y en a pas beau­coup qui sortent gran­dis à la lec­ture du bou­quin) a réus­si à sor­tir le meilleur canard de bd de tous les temps. L’auteur a vrai­ment choi­si un angle très réduc­teur pour l’enemble du bou­quin qui n’aurait du être qu’une par­tie par­mi d’autres.

    • @Olivier R : je n’ai pas eu cette impres­sion à la lec­ture. Elle com­mence à dater d’ailleurs. Pour avoir par­ti­ci­pé à une aven­ture du genre, je sais à quel point il n’est besoin d’être saint pour faire un bon jour­nal :-) Et encore, après dis­cus­sion avec cer­tains de l’époque, tout n’a pas été dit :-)

      • @Li-An :

        J’ai aus­si par­ti­ci­pé à des aven­tures du genre, redac/bande de potes/anarchocréatifs/lutte d’ego etc, je vois bien ce que c’est. Mais quand meme. Là où on aurait pu avoir une somme sur le monu­ment Métal Hur­lant, on n’a fina­le­ment qu’une suite de com­men­taires affec­tifs qui n’a rien de trans­cen­dante. Meme la par­tie ico­no n’est pas à tom­ber par terre (mais ça c’est peut être dif­fé­rent pour ceux qui n’ont pas lu la plu­part des MH). Bon, ça dépend aus­si sans doute de l’humeur du lec­teur au moment de la lec­ture aus­si ;) (Il pleut beau­coup trop ces jours ci).

        • @Olivier R : ça dépend aus­si ce qu’on attend. Pour ta défense, Manoeuvre a détes­té le bou­quin qu’il a publi­que­ment incen­dié. Un des auteurs passe régu­liè­re­ment par ici :-)

          • @Olivier R : en même temps, il est clair qu’aussi bien Manoeuvre que Dion­net ont la tête ailleurs au bout d’un moment – boîtes, télé, musique – et que le maga­zine n’est plus leur prio­ri­té.

          • @Li-An : Maneuvre est quand meme pas mal pié­ti­né. Il est quand même décrit comme une espèce de connard odieux méga­lo et mani­pu­la­teur. Moi l’impression que j’ai tou­jours eu (et c’est quand meme un peu dit dans le bou­quin de temps en temps), c’est que sans Maneuvre, on n’aurait jamais eu ce jour­nal (au moins autant que sans Dion­net). Et que pour faire tour­ner cette machine, avec ce mélange de bras cas­sés géniaux, de vieux maitres égo­tistes et de cin­glés, il fal­lait avoir à la barre un gus un peu duraille. Ce qu’il a été.
            Sur le bou­quin lui même, je trouve qu’on aurait pu se pas­ser d’une bonne par­tie des interventions/anecdotes vague­ment pleur­ni­chardes. Par exemple, savoir que le maquet­tiste en place découvre par hasard que le petit nou­veau est mieux payé que lui, qu’il y a du copi­nage etc etc… on s’en fout un peu, non ? On a tous connu ça dans les boites ou les bandes où on est pas­sé. Les petites mes­qui­ne­ries des uns et des autres, on se doute bien que ça existe par­tout, y com­pris à MH.
            Par contre j’aurais aimé voir cer­tains points esquis­sés plus déve­lop­pés (hors témoi­gnages bruts). Par exemple la méthode de tra­vail de Jodo, de Tram­ber & Jano etc.
            Mais bon, peut etre qu’en fait ce bou­quin est tres bien et qu’il n’est juste pas pour moi

          • @Olivier R : je suis d’accord avec toi pour le bou­lot de Manoeuvre. Mais ce que tu demandes, c’est un autre bou­quin d’un genre très dif­fé­rent. Il fau­drait que je le relise pour me refaire une idée. Mais en même temps, comme je suis assez coup de pieds dans la sta­tue, j’aime bien voir le côté « mes­quin » des hommes qui est sur­tout leur côté humain. Dire du bien de Gau­guin par exemple en se basant sur son génie de peintre c’est bien joli mais ça fait croire aus­si de manière ten­dan­cieuse que c’était un Grand Homme, ce qu’il n’a pas été visi­ble­ment. Si on se contente de louer le tra­vail effec­tué par les dif­fé­rents inter­ve­nants de MH, le lec­teur incré­dule pour­rait se deman­der pour­quoi cette belle aven­ture pleine de gens géniaux a fini par se plan­ter. Je peux com­prendre ta frus­tra­tion mais il y a tel­le­ment peu de livres qui dépassent l’hagiographie sur le sujet de leur admi­ra­tion que je trouve ça plu­tôt inté­res­sant.

          • @Li-An : Je suis d’accord. Je ne sou­hai­tais pas non plus lire une hagio­gra­phie ou voir dres­ser des idoles.
            Mais en ne se foca­li­sant que sur les petites his­toires de ratages, les mes­qui­ne­ries, les gue­guerres de clans, les jalou­sies un peu sor­dides, les his­toires de dope et de pognon etc. je conti­nue à pen­ser que c’est un raté.
            Ca n’aurait du être, à mon avis, qu’une par­tie d’un bou­quin qui se veut une somme plus ou moins défi­ni­tive sur l’aventure Métal (c’est en tout cas comme ça qu’il est pré­sen­té un peu par­tout). Et ça va trop loin. Cer­taines anec­dotes sont des ragots de fond de pou­belle qui ne servent à pas grand chose, n’amènent rien. On com­prend assez vite l’ambiance et la pro­blé­ma­tique, on n’est pas obli­gé de sou­le­ver tous les tapis jusqu’à plus soif. Démy­thi­fier c’est bien, ok, mais ça ne peut pas suf­fire. Si tu veux par­ler de Métal, de toute cette aven­ture, de cette décen­nie bien par­ti­cu­lière, de tout ce que ça a chan­gé dans la BD (et pas seule­ment), tu ne peux pas te foca­li­ser que là des­sus.
            Là, pour le coup, on se demande com­ment cette tri­po­tée de mabouls, d’enculés, de planches pour­ries et de gei­gnards chro­niques ont réus­si à créer et faire vivre ce canard hors norme.

            Et le par­ti pris ne de faire par­ler que les res­ca­pés encore joi­gnables, s’il est inté­res­sant, force à faire l’impasse sur pas mal de monde. A com­men­cer par Cha­land et Arno par exemple, fan­tomes tristes errant ici et là au fil des pages.
            Je suis déçu et un peu éner­vé du coup. Je reste sur ma faim. On n’est pas prêt de revoir sor­tir un bou­quin sur Métal, et je trouve que celui ci ne fait que la moi­tié du bou­lot. Dom­mage.

            En même temps, j’exagère peut être un peu. Je le reli­rai plus tard, quand il fera soleil.

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