Les mille et une vies de Billy Milligan (Daniel Keyes – Le Livre de Poche)

Lorsque la police de Colom­bus (Ohio) arrête Billy Mil­li­gan en octobre 1977, la psy­cho­logue char­gée de sta­tuer sur l’état men­tal du jeune homme reste per­plexe : com­ment ce gamin ter­ri­fié a-t-il pu vio­ler trois femmes sur le cam­pus uni­ver­si­taire ? À moins que ce ne soit un petit voyou grande gueule qui simule ? Ou une grosse tête à l’accent anglais qui nie farou­che­ment les crimes ? Ou un You­go­slave adepte en arts mar­tiaux qui s’exprime labo­rieu­se­ment en anglais ?
Billy Mil­li­gan n’est pas un per­son­nage de roman, c’est un États-Unien tou­jours par­mi nous et dont les auto­ri­tés médi­cales com­pé­tentes ont recon­nu le frac­tion­ne­ment de la per­son­na­li­té en plus de 20 iden­ti­tés toutes indé­pen­dantes (je vous laisse le soin de décou­vrir qui a per­pé­tré les viols). Daniel Keyes, auteur de SF très célèbre pour son fameux « Des fleurs pour Alger­non« , mul­ti­ple­ment adap­té et même à la télé fran­çaise, racon­tait dans ce roman la vie d’un homme à tout faire un peu retar­dé subis­sant un trai­te­ment des­ti­né à boos­ter son intel­li­gence. Il y trouve l’amour et aus­si la souf­france et choi­sit de reve­nir à son état anté­rieur. Lorsque Keyes contacte Billy Mil­li­gan en vue d’écrire un livre, il est scep­tique comme la plu­part des gens confron­tés à un jeune homme qui passe son temps à nier ce qu’il vient de faire et qui semble incon­trô­lable. Mais comme eux, il fini­ra par se faire une rai­son : le jeune homme ne simule rien. Vic­time d’un trau­ma­tisme violent dans son enfance, il a déve­lop­pé dif­fé­rentes per­son­na­li­tés extra­va­gantes qui lui ont per­mis de sur­vivre psy­cho­lo­gi­que­ment… et phy­si­que­ment. Le livre com­mence donc par l’affaire cri­mi­nelle pro­pre­ment dite puis reprend la vie de Mil­li­gan de A à Z d’un point de vue sub­jec­tif. Pour une fois sui­vi par une équipe médi­cale, Mil­li­gan va en effet apprendre à maî­tri­ser ses per­son­na­li­tés ce qui lui per­met­tra d’avoir accès à tous ses sou­ve­nirs. Keyes ne se contente pas de décrire un cas cli­nique hors norme, il s’intéresse aus­si aux polé­miques sus­ci­tées par l’ évi­dente irres­pon­sa­bi­li­té de Mil­li­gan au moment des faits. Des hommes poli­tiques locaux vont s’emparer de son cas pour se faire mous­ser, récla­mant son enfer­me­ment au nom de la sécu­ri­té publique (et je passe le dis­cours des fémi­nistes locales). Mil­li­gan va se retrou­ver der­rière les bar­reaux pour douze années… et donc se refrac­tion­ner pour sup­por­ter cette épreuve. C’est ce que raconte le second livre consa­cré à son cas « Les mille et une guerres de Billy Mil­li­gan » du même Daniel Keyes.

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