Harry Dickson (Jean Ray – Librio)

Suite à une discussion avec le fameux Oslav Boum, j’ai décidé de relire un vieux Harry Dickson. Nous avons eu sur le sujet un débat honnête et franc (Sherlock for ever !) pour savoir si le « Sherlock Holmes américain » arrivait à la cheville de son illustre prédécesseur, débat qui ne pouvait être réglé que par la lecture d’une aventure du personnage de Jean Ray (j’avais bien lu ça dans ma jeunesse mais ça commençait à dater).
Bon, autant donner mes conclusions tout de suite, je ne suis toujours pas emballé. Ce qui me plaît dans Sherlock Holmes, c’est la tentative de donner du sens à un univers fantastique ou étrange, un sens logique qui a le mérite pour moi de rappeler qu’il n’est nul besoin de magie pour rendre le monde fascinant. Les histoires de Ray démarrent de la même façon (un mystère incompréhensible) mais sa résolution est loin de nous ramener à la réalité et pousse encore plus loin la sidération tout en tâchant de conclure de manière « satisfaisante ». Dans les deux histoires du recueil (« Les étoiles de la mort » et « Le studio rouge »), Ray règle des mystères non humains par l’intervention…d’animaux. Chats et singes apprivoisés expliquent donc l’absence de présence humaine.
Seconde et importante différence: le traitement des personnages. Harry Dickson et son complice Tom Wills sont des prétextes à l’aventure et n’ont pas la profondeur de Holmes ou Watson développée par Conan Doyle (Tom Wills est un falôt de première). Les personnages croisés par les héros sont de la même veine: très hâtivement décrits, ils ont fini par se confondre dans ma lecture (et Ray ne fait pas beaucoup d’efforts pour nous rappeler qui est qui). On est loin des déductions savantes de Holmes à la simple vue d’une personne.
Oslav saura probablement mieux développer ce qui fait le charme de Dickson mais je ne suis toujours pas convaincu :-). Je dois quand même reconnaître à Ray une imagination fertile et un sens du rythme qui rendent la lecture agréable.

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10 commentaires

  • Ben dis donc, tu ne prends pas tes vacances en été ami Doc ?
    Oui, je sais bien que c’est écrit vite vite mais le débat portait sur Sherlock vs. Dickson et il me fallait réagir et défendre mon champion.

  • Je ne voulais pas rater le concert de Norah Jones ;o)
    Il faut quand même dire que dans le Midi on est pratiquement toujours en vacances…

  • Hello les Zamis.
    Si les aventures d’Harry me réjouissent, c’est justement à cause du côté improbable des énigmes, ces intrigues un peu bringue-balantes qui retombent vaguement sur leurs pieds. Mais je me fais prendre à chaque fois et je les ai même lues relues plusieurs fois. Jean Ray racontait qu’il écrivait une histoire en une nuit d’une traite, donc…
    Sherlock Holmes a une puissance de raisonnement supérieure, il faut l’admettre. Mais, bon, il commence à peine à bourrer sa pipe d’opium pour réfléchir que Harry se bat déjà à main nues avec un des spectres-bourreaux !

  • Ah d’accord, c’est juste que ça ne fritte pas assez vite chez Sherlock :-)) Alala, tu es un vrai jeune, ami Oslav :-)) (Sherlock est à l’héro, pas à l’opium. Dickson, on se demande à quoi il carbure. Menthe à l’eau ?) (et c’est un abstinent notoire qui se moque, là :-))

  • Quelle succession de provocations ! Si je ne te savais pas lâchement caché derrière ta planche à dessins, je te provoquerai (à mon tour) en duel… OK, Dickson n’est pas une junkie et oui c’est un homme d’action. Holmes raisonne mieux PARCE QU’IL PREND LE TEMPS DE RAISONNER.
    Je vais relire les dites aventures et on en reparlera… Bravo pour l’abstinence en tout cas ;)

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