Dodo (Sylvie Granotier – Gallimard)

dodo-granotier

Ce week end, je l’ai passé au Havre, au festival Polar à la plage qui, comme son nom l’indique, est consacré à la littérateur policière. J’ai bien peur d’avoir donné l’impression que les auteurs de BD étaient des personnes qui parlaient à tort et à travers sans réfléchir. Mais j’en ai profité aussi pour découvrir modestement une littérature que je ne fréquente pas – le polar à la française.

Dodo de Sylvie Granotier, c’est une bonne pioche. Dodo n’est pas une bière bourbonesque mais une SDF sapée tendance treillis qui vit sa petite vie misérable, partageant boissons et galères avec Sally, une énorme fille un peu simplette, et Quasi, amoureuse battue. Jusqu’à ce qu’une fille a qui elle a cédé sa place un soir se fasse sauvagement assassiner. Et l’ancienne Dodo est bien obligée de remonter à la surface, la Dodo qui était jeune et sexy, qui avait de l’argent et des amants.
Granotier réussit bien son coup: sa Dodo est d’abord une Shéhérazade des Mille et une galères, distillant au compte goutte sa vie passée à ses copines de galère, pendant que le lecteur découvre leur quotidien difficile et finisse par s’asseoir sur le banc, curieux lui aussi de savoir où ça va mener. Puis, en seconde partie, Dodo est obligée de se reprendre en main et d’aller au bout de la vie qu’elle a fui. C’est noir et truculent à la fois, entre Hitchcock et les Enfants de Don Quichotte avec une enquête assez surprenante puisque tous les personnages disent la vérité à Dodo. Alors qu’elle aurait sûrement préféré des mensonges.

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-moi en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée.

6 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *