Chroniques de Bustos Domecq (Jorge Luis Borges & Adolfo Bioy Casares – Pavillon Poche)

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Je dois recon­naître qu’en achetant ce livre, je pensais en fait à Six problèmes pour Don Isidro Parodi, écrits à quatre mains par les mêmes Borges et Bioy Casares. Quelle ne fut pas ma surprise en décou­vrant des chroniques litté­raires et cultu­relles ! Les deux roman­ciers nous font (re)découvrir de grands artistes de leur pays – l’Argen­tine – et du monde avec un enthou­siasme intri­gant…
Dans le dernier ‑excellent- film de François OzonDans la maisonKristin Scott Thomas inter­prète le rôle d’une gérante de galerie d’art qui essaie de vendre des oeuvres qui déroutent son mari. Elle lui met sur les oreilles un casque hifi pour lui faire décou­vrir une peinture : l’artiste décrit un tableau qu’il a peint mais qu’il n’expose que sous forme auditive. Cet artiste aurait eu tout à fait sa place dans les chroniques de Domecq, specta­teur émerveillé des innova­tions concep­tuelles des artistes contem­po­rains – l’écri­vain qui se conten­tait de recopier les oeuvres de ses confrères avant de les signer de son nom, le peintre qui recou­vrait ses tableaux d’une épaisse couche de peinture noire, ne conser­vant que le titre, la troupe de théâtre de rue qui imite à la perfec­tion les gestes de tous les jours… – quoique de plus en plus désin­volte dans son admira­tion. Un humour ironique réjouis­sant qui étrille avec intel­li­gence l’art concep­tuel.

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4 commentaires

  • Il ne faut surtout pas renon­cer à ton projet initial qui était, si j’ai bien compris, de lire Six problèmes pour Don Isidro Parodi : le livre est est tout à fait de la même veine que les Chroniques de Bustos Domecq (il y a d’ailleurs des person­nages secon­daires qu’on retrouve dans les deux recueils), les crimi­nels que démasque Don Isidro ont en commun avec les artistes à qui Bustos tresse des couronnes le même péché mignon : l’ambi­tion de péter plus haut que leur cul (ce qui, dans le domaine du crime, donne des résul­tats pitto­resques).

  • Les Six problèmes vont être réédi­tés en janvier. J’ai vu qu’il y avait aussi de Nouvelles chroniques qui m’ont l’air bien grati­nées.

  • Tiens ça me donne envie de relire le Traie de Craie de Prado, placé juste­ment sous l’égide conjointe de Borges et Bioy Casares !

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