Au coeur des ténèbres ( Joseph Conrad – L’Imaginaire Gallimard)

Apocalypse Now a été mon film pré­fé­ré de tous les temps (quand Appollo dans son obses­sion des clas­se­ments les plus impro­bables me deman­dait mes 10 films pré­fé­rés, il était en tête). Maintenant je suis un peu trop vieux pour m’amuser à de tels enfan­tillages mais ça reste pro­ba­ble­ment une influence sou­ter­raine majeure. Lire donc le chef d’oeuvre de Conrad qui avait ins­pi­ré le film me stres­sait légè­re­ment et j’avais repous­sé ce moment le plus pos­sible. Première sur­prise, le roman est tout court et donc vite lu (par rap­port à la ver­sion Redux du film de Coppola), seconde sur­prise, le film est rela­ti­ve­ment fidèle. Voilà donc Marlowe, marin en quête d’exotisme, remon­tant le fleuve en direc­tion de Kurtz le génie fou furieux. L’écriture m’a fait pen­ser à L’Étranger de Camus (une phrase éton­nante de ma part mais comme elle fait jolie, je la laisse en espé­rant qu’on ne me demande pas de déve­lop­per): Marlowe ne com­prend rien aux gens qui l’entourent. D’ailleurs, il n’y a pas de vrais dia­logues mais des gro­gne­ments, des sou­pirs, des frag­ments incom­pré­hen­sibles ou étouf­fés. C’est comme une quête de sens et de lumière dans un uni­vers d’ombres et d’obscurité. Bon, bref, un grand roman suin­tant d’humidité, de folie humaine, une lec­ture indis­pen­sable aux fans du film et aux autres pro­ba­ble­ment.

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