Quai d’Orsay (Blain & Lanzac – Dargaud)

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Ah ben, j’ai mis du temps à lire cet album « évènement ». Le feuilleter ne n’arrivait pas à me convaincre (ça n’avait pas l’air super drôle) mais la fête des pères est arrivé et à choisir entre ça et un collier en nouilles…
Arthur Vlaminck, thésard en panne, est engagé par Alexandre Taillard de Worms, présentement Ministre des Affaires Étrangères de la France afin de rédiger quelques discours bien sentis. Il va être le témoin de plusieurs crises qui permettront au Ministre et à ses collaborateurs de montrer toute l’étendue de leurs talents voire de leur génie.
Bon, tout le monde le sait, Alexandre Taillard de Worms (ATW pour moi et les intimes) est un copié/collé de Dominique de Villepin réalisé par un de ses collaborateurs qui a choisi un pseudo pour s’exprimer. En soi, c’est un choix éditorial diablement important pour le monde BD franco/belge. Il y a cinq ou dix ans, un ouvrage humoristico/ironique sur un homme politique d’importance aurait été publié sous forme de roman. Mais le succès de La face karchée de Sarkozy de Philippe Cohen et Richard Malka a dû changer la donne: il est possible de parler sérieusement politique en BD sur le mode humoristique. »Quai d’Orsay et RG ont les mêmes qualités et un peu les mêmes défauts… »
Personnellement, je rapprocherai cet ouvrage d’une série qui s’est révélée tout aussi novatrice: RG de Pierre Dragon et Frederik Peeters (qu’il semblerait que je n’ai pas chroniqué à mon grand étonnement). Le principe est un peu le même: un scénariste « amateur » mais qui a une connaissance personnelle du sujet est associé à un auteur BD bien en vue pour parler d’une réalité peu connue. Quai d’Orsay et RG ont les mêmes qualités et un peu les mêmes défauts: on a vraiment l’impression d’apprendre quelque chose, de découvrir des personnages jamais abordés de manière aussi pointue dans la BD (voire même ailleurs) mais d’un autre côté on se demande un peu où est l’histoire. RG abordait des enquêtes des renseignements généraux sans que l’on y trouve vraiment son compte avec les personnages impliqués. Quai d’Orsay m’a fait bien rire avec un ATW azimuthé, ses citations littéraires inappropriées et son stabilo mais je n’ai pas vraiment eu l’impression qu’on me racontait une quelconque histoire. Et j’ai été très surpris de lire en dernière page qu’un second album était en préparation. Qu’est-ce qu’ils vont pouvoir inventer ? Comme ils nous ont cité ce coup-ci Tintin, Le Seigneur des Anneaux et Star Wars, j’imagine qu’on aura peut-être droit aux Schtroumps et Terminator dans le prochain ? Bon, je me moque mais ça s’est révélé une lecture très agréable et m’aura peut-être fait cogiter sur la façon dont nous sommes gouvernés, ce qui n’est déjà pas si mal.

Tintin, toujours Tintin

Concluons de manière assassine: j’ai eu l’occasion d’entendre des auteurs se plaindre d’un parisianisme grandissant dans la BD avec la montée en force des auteurs post Assoce. Cet album qui mèle politique, auteur à la mode et cinéma (avec des remerciements à Agnès Jaoui) ne va pas les calmer :-).

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