La vie littéraire outre manche vue par Posy Simmonds

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Tel un Truffaut critique BD, nous pourrions nous excla­mer ” Il n’existe pas de bande dessi­née britan­nique ! ». Évidem­ment, il y a Alan Moore et d’autres auteurs qui travaillent pour l’édi­tion US comics mais une vraie bande dessi­née un peu subtile, avec une vraie quali­té litté­raire, un dessin agréable et sensible… Comment ça ? Qui ça ? Posy Simmonds ? Et c’est mieux que beaucoup d’auteurs français ? Je n’ai rien enten­du, trala­la­LA­LA­LA­LAAL­LA­LALL­LA.

Il faut bien recon­naître que Posy Simmonds nous met la claque à nous autres mangeurs de grenouilles. Non seule­ment elle fait une BD basée sur la grande litté­ra­ture mais elle fait ça avec intel­li­gence et classe. À côté, on ressemble un peu à des suppor­ters de rugby de Toulon mal rasés en train de beugler et de souffler dans un coq.

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Litera­ry Life est un recueil de pages publiées le samedi entre 2002 et 2005 dans The Guardian Review et dont le thème est le monde litté­raire. Mais pas la beauté de la litté­ra­ture, le génie en action, les chef d’œuvres incon­tour­nables. Non, le monde litté­raire tel qu’il est à 90%, un rassem­ble­ment d’humains qui se rêvent grands écrivains et qui composent avec leur narcis­sisme, leur manque de génie et leurs bassesses très moyennes. Bienve­nus dans le monde de l’édi­tion où une jeune frimousse délicieuse fera plus vendre de livres qu’un vieux geignard, où l’on drague les attachées de presse inter­chan­geables, où les petites librai­ries résistent contre les masto­dontes, où la litté­ra­ture est une indus­trie comme une autre…
C’est terri­ble­ment bien vu – et à part les petits fours et le smoking, ça ressemble suffi­sam­ment au monde de la BD pour qu’on s’y retrouve – et d’une méchan­ce­té pleine d’indul­gence. Posy Simmonds nous fait mieux comprendre la vie d’un écrivain que la plupart des autobio­gra­phies portant sur l’écri­ture qui semblent envahir les chroniques de Téléra­ma.

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Malheu­reu­se­ment, j’ai choisi la version poche, un peu effrayé par la version grand format à sa sortie et je m’en suis mordu les doigts. Les textes sont telle­ment minus­cules que le public visé – la cinquan­taine avec lunettes et lecteur compul­sif – doit litté­ra­le­ment deviner certains dialogues. Je me demande si Folio va réussir à en vendre dans ce format.

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