Ivresse de l’érotisme avec le couple super sexy Lambour & Springer

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L’érotisme en bandes des­si­nées ‑ ou plus pro­saï­que­ment, le « cul » ‑ est un art ancien dif­fi­cile à maî­tri­ser. Il est pra­ti­qué la plu­part du temps par des artistes de second plan mais cer­tains ouvrages peuvent entrer faci­le­ment dans un musée de la BD grâce à des obsé­dés de génie.

D’un point de vue édi­to­rial, la BD de cul est par­ta­gée entre plu­sieurs pôles : une BD plu­tôt com­mer­ciale qui joue sur le code de l’industrie por­no­gra­phique (Dyna­mite, Tabou…), à savoir des situa­tions clas­siques de jambes à l’air et des pra­tiques très bali­sées (mêmes si cer­tains déra­pages déli­rants peuvent y appa­raître). Ces ouvrages des­ti­nés à un grand public ont souf­fert de l’arrivée des man­gas où le rap­port cul/qualité graphique/prix pou­vait être lar­ge­ment supé­rieur.
À côté, une BD éro­tique plus d’auteur a conti­nué à per­du­rer avec comme pape Mana­ra, une col­lec­tion consa­crée aux clas­siques chez Del­court qui pri­vi­lé­gie la réédi­tion (ça coûte moins cher) et des ten­ta­tives diverses et variées. Le suc­cès de Pre­mières fois, col­lec­tif scé­na­ri­sé par Sibyl­line (Del­court), Gisèle et Béa­trice de Ferou­mont (Dupuis) et la col­lec­tion BD Cul des Requins Mar­teaux visent un public plus jeune et bran­ché voire plus fémi­nin (la BD de cul ciblait sur­tout les mecs) avec des auteures femmes qui assument leur sexua­li­té sou­vent de manière légère.

Mais, même moderne, la BD de cul est confron­tée à des pro­blèmes éter­nels : il faut pro­vo­quer l’excitation et pro­po­ser un nombre suf­fi­sant de scènes expli­cites pour don­ner envie. Ce qui n’est pas sans peser lour­de­ment sur l’histoire et la nar­ra­tion. Un équi­libre très déli­cat qui explique pour­quoi il est si com­pli­qué de faire une grande BD de cul ‑ mais il sem­ble­rait que faire une grande BD tout court soit aus­si com­pli­qué, alors…

L’ivresse (Lambour & Springer – LBS)

L’ivresse est inté­res­sant à plus d’un titre. Il est réa­li­sé par un vrai couple dans la vie, des auteurs BD recon­nus et, enfin, à compte d’auteur après un finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif réus­si.

Le scé­na­rio de Lam­bour est assez simple : une libraire fan­tasme sur ce que lisent ses clients, ce qui nous donne trois plus une scènes éro­tiques. De manière très ludique, les cènes de fan­tasme jouent sur des codes gra­phiques et des réfé­rences rela­tives aux livres évo­qués. Sprin­ger a choi­si aus­si de repré­sen­ter des per­sonnes au phy­sique plu­tôt banal (la libraire en ques­tion est gen­ti­ment ron­de­lette) et des actions réa­listes. C’est évi­dem­ment ce jeu iro­nique entre fan­tasme et réa­li­té qui fait le charme de l’album qui joue sur un « désir du quo­ti­dien », sur l’inconnu des ren­contres et l’intimité dévoi­lée un ins­tant à la libraire.

On pour­ra regret­ter la rela­tive briè­ve­té de l’album et l’inégalité du trai­te­ment des scènes mais les auteurs ont su trou­ver un regard ori­gi­nal en jouant sur les fan­tasmes et la réa­li­té des dési­rs.

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