Le jour de l’Apocalypse — Infinity 8 (Lorenzo de Felici, Lewis Trondheim & Davy Mourier — Rue de Sèvres)

Dans l’espace, les zombies n’ont pas besoin de crier.

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Déjà le tome 5 de Infi­ni­ty 8, la série SF concoc­tée par le couple vedette du der­nier concours de danse acro­ba­tique de Pithi­viers (45), Trond­heim et Vatine. Je vous avais lais­sé sur un tome 1 sous forme de fas­ci­cules comics mal conçus (his­toire pas décou­pée pour, conte­nu annexe pauvre, police de carac­tère trop petite…) et, depuis, la mini série est sor­tie en albums plus adap­tés.
D’un point de vue conte­nu, je suis un peu par­ta­gé. Le Ber­tail (Romance et mac­cha­bées était jouis­sif (on décou­vrait le concept et l’univers, l’humour un peu vomi me fai­sait rire), le sui­vant avec Vatine (Retour vers le Füh­rer) renou­ve­lait avec brio le concept des nazis dans l’espace mais le Balez ne m’avait pas embal­lé.
Ben déjà, au troi­sième tome, même un fan de Blake et Mor­ti­mer a com­pris le concept (une nana de la sécu­ri­té doit résoudre un pro­blème lié à l’arrivée du vais­seau Infi­ni­ty 8 dans un gigan­tesque cime­tière qui ras­semble des morts de toutes races et toutes époques) et la sur­prise est qua­si nulle. Le des­sin de Balez ne m’a pas non plus aider à décryp­ter un scé­na­rio ( Vehl­mann aux manettes) assez taras­bi­co­tée avec un per­son­nage qui change de forme. Un peu refroi­di, j’atteignais le congé­la­teur avec un qua­trième volume des­si­né par Mar­tin Trys­tram et scé­na­ri­sé par Kris, le plus faible à mon avis aus­si bien au niveau scé­na­rio que des­sin. Une his­toire de gou­rou média­tique qui ne pète pas un genou à un cul-de-jatte (un manque cruel d’exotisme) et sans aucune sur­prise tel­le­ment l’univers est bali­sé.

La seconde saison est super je te dis

Autant avouer que je n’étais pas chaud chaud pour ce cin­quième tome et qu’il a fal­lut le des­sin de Loren­zo de Feli­ci pour me convaincre de com­plé­ter ma col­lec. Heu­reuse sur­prise.

L’agent Ninur­ta doit sor­tir visi­ter le cime­tière pen­dant que le vais­seau se rem­plit de … zom­bies (mais pas nazis, dom­mage). Encore un cli­ché me direz vous (petit canaillou) mais qui fonc­tionne du ton­nerre. Le concept de la série (le vais­seau reboote à la fin pour reprendre une nou­velle his­toire qui com­mence au même moment au même endroit) a un incon­vé­nient évident : il est en contra­dic­tion avec la phi­lo­so­phie du pro­jet, à savoir une SF un peu série Z déca­lée qui joue en géné­ral sur l’effet de sur­prise. Le scé­na­riste n’a pas beau­coup de lati­tude et l’histoire (ici Davy Mou­rier) dépend en grande par­tie de son per­son­nage prin­ci­pal et des enjeux vécus par celui-ci. Et là, l’agent Ninur­ta nous fait vibrer, coin­cée entre son devoir et sa vie pri­vée. Jusqu’à un dénoue­ment émou­vant.

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gau­chère ou droi­tière ?

Embal­lé, je me suis deman­dé d’où venait la fraî­cheur de ce tome et le dos­sier de fin donne l’explication : cette his­toire était la pre­mière écrite et des­si­née. D’où cet enthou­siasme à tous les niveaux (c’est de Feli­ci qui a inven­té le bou­clier mul­ti usage que les autres des­si­na­teurs vont reprendre). Clai­re­ment le meilleur opus avec l’héroïne la plus convain­cante, les per­sos secon­daires les plus mar­quants, l’action la plus fré­né­tique, la ten­sion la plus pal­pable et la conclu­sion la plus crève-cœur. On va pou­voir rajou­ter Le jour de l’Apocalypse dans la liste des excel­lents albums BD SF (ten­dance série Z).

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