Fables nautiques (Marine Blandin – Shampooing)

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Voilà un pre­mier album pro­met­teur pour Marine Blandin dans la col­lec­tion diri­gée par Lewis Trondheim. Dans un centre nau­tique construit sur un ancien cime­tière d’animaux, des faits inha­bi­tuels se pro­duisent: une vieille mamie s’obstine à jeter des carottes dans les bas­sins, des per­sonnes proches de la noyade voient une gigan­tesque baleine venir à la res­cousse, un bas­sin de saut semble sans fond… Pas éton­nant que Trondheim ait signé cette his­toire qui semble en écri­ture auto­ma­tique. Marine Blandin s’est empa­ré d’un uni­vers clos et ras­su­rant et importe petit à petit des élé­ments fan­tas­tiques qui prennent de plus en plus d’importance et suivent une logique proche du rêve. C’est plein d’idées ori­gi­nales et de scènes éton­nantes: il faut voir les dif­fé­rents publics d’une pis­cine deve­nir des tri­bus aux moeurs étranges ou l’asphyxiante plon­gée en apnée d’un des per­son­nages. Une très bonne sur­prise et un auteur à suivre d’autant que le des­sin, très vivant, ose des choses gra­phiques.

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8 commentaires

  • Une grande demoi­selle avec qui j’avais un pro­jet qui n’a hélas pas mar­ché. Elle a une vraie écri­ture gra­phique et elle s’amuse beau­coup et ose. Puis se prend la tête pour que la nar­ra­tion soit bien fluide. Un petit tour sur son blog ? http://marine-blandin.over-blog.fr/

  • pour déve­lop­per mon sen­ti­ment (déso­lé, je ne fré­quente presque plus les com­men­taires et les forums, mais bon, je lis ce qui passe):

    marine est une bonne amie à moi, et son livre m’a fait énor­mé­ment plai­sir. il cor­res­pond à une vraie réflexion sur la bande des­si­née, et notam­ment du point de vue du vir­tuose, celui (celle) qui «sait tout faire», ce qui est son cas, c’est vrai­ment une des­si­na­trice épa­tante, qui maî­trise le mou­ve­ment d’une manière rare (et en usant d’une tech­nique beau­coup plus éco­nome que celle de fran­quin, met­tons).

    en ce sens, c’est vrai­ment un «livre de des­si­na­trice», le récit est comme condi­tion­né par cette faci­li­té au des­sin, qui ouvre beau­coup de portes (plu­tôt que de condi­tion­ner son des­sin au récit, ce qui est le mou­ve­ment habi­tuel de tout un cha­cun). en ce sens on est proche de trond­heim en effet, mais on n’est pas dans un tra­vail de contrainte et c’est ce qui est réjouis­sant. comme lec­teur on a l’impression que peu importe où elle nous emmè­ne­ra, on en pren­dra sys­té­ma­ti­que­ment plein la gueule, le fin du plai­sir venant du fait qu’elle nous emmène bel et bien en des lieux inédits. car enfin ce livre ne res­semble fran­che­ment à rien.

    voi­là, c’est presque un conden­sé de ce que j’en ferais comme cri­tique, si je ne crai­gnais qu’on me prenne en fla­grant délit de copi­nage. (mais il me semble qu’il n’y a que les amis qui font les bons livres, ces der­niers temps, ou alors c’est qu’ils sont deve­nus mes amis pour cette rai­son pré­cise, com­ment savoir.) reste qu’avec le jim­my beau­lieu sor­ti cette année (excellent), sham­pooing jus­ti­fie com­plè­te­ment son exis­tence et peut bien conti­nuer de sor­tir à côté de ça des blogues et des paro­dies de la guerre des étoiles si ça amuse notre bon lewis.

  • C’est mar­rant parce que je n’aurai pas par­lé de tra­vail de des­si­na­trice tel­le­ment il y a peu d’esbrouffe là-dedans. Pas lu le Beaulieu mais je ne sais pas trop quoi en pen­ser.

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