Essence, une BD assez Mœbiusienne de Fred Bernard et Benjamin Flao

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Bon, je ne vais pas cou­per le fil à poire en quatre. Je crois que je n’ai rien com­pris au scé­na­rio de Fred Ber­nard, pas com­pris où il vou­lait en venir et pour­quoi il a eu envie de racon­ter ça. Je vais donc évi­ter de trop glo­ser là-des­sus.

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le Châ­teau immo­bile

Dans Essence (Futu­ro­po­lis)Achille Antioche est en purge, c’est à dire au pur­ga­toire. Il est mort et en attente de pas­sage à un stade supé­rieur de son être. Pour l’instant, il est au volant d’une voi­ture sport avec comme pas­sa­gère une ange en CDD char­gée de l’accompagner dans la recherche de ses sou­ve­nirs. Parce que tant qu’il ne se rap­pelle plus com­ment et pour­quoi il est mort, il n’a pas droit au Para­dis. Quoique la purge, ce n’est pas si mal : on roule à plein pot dans un uni­vers genre post apo­ca­lyp­tique, on croise ses amis, sa famille et quelques stars de la voi­ture (tous décé­dés évi­dem­ment). Reste à ne pas tom­ber en panne d’essence et évi­ter les trucs bizarres qui vous appellent la nuit.

Bon, il y a des méta­ré­fé­rences à L’affaire Tour­ne­sol (oui, l’album de Her­gé) et on se demande un peu pour­quoi ce n’est pas Jean Gra­ton qui est invo­qué vu l’obsession du per­son­nage pour la méca­nique auto­mo­bile. Et à la fin — atten­tion, divul­gâ­chage – il y a une his­toire polar/​espionnage. Mouaif.

Esprit, es-tu là ?

Alors, pour­quoi que j’en cause de cet album ? Éh bien, c’est Ben­ja­min Flao qui est aux manettes, éta­lant la pein­ture, écra­sant les feutres et son des­sin écla­bousse la rétine avec ses cou­leurs pétantes ou sombres, la diver­si­té des tech­niques employées, la liber­té du trait. C’est l’album le plus Mœbiu­sien que j’ai lu depuis des années dans l’approche du des­sin. Le trait de Flao rap­pelle un peu ce que fai­sait Moe­bius dans les années 60/​70 avant qu’il décide de pro­gres­ser sur la ligne claire réa­liste, quand il y avait encore du pin­ceau à la Giraud un peu crade. Il y a des plans, des atmo­sphères, une liber­té visuelle assez rare et j’y ai pris un plai­sir énorme. Il suf­fit juste d’oublier l’histoire en ce qui me concerne.

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Stoé
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tout pour le moteur

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