Deux albums BD de Magnus

Pas vraiment excité par ce qui sort en ce moment sur les étals des librai­ries, je m’amuse à partir à la recherche d’albums que j’avais laissé de côté à l’époque de leur sortie. Par exemple la série des Parti­sans de Magnus.

Magnus, c’est typique­ment l’auteur que j’ai envie de redécou­vrir. Son écriture hors mode, sa vision très simple de la BD stimule bien plus mon cerveau que ces avalanches de BD au person­nages ”type moyen à qui il arrive des choses”. J’ai envie de types extra­or­di­naires à qui il arrive des choses incroyables.

Nocturnes (Magnus – Magic Strip)

magnus-nocturne_02

J’ai lu dans un très bon article de BDZoomhttp://​bdzoom​.com/​6​2​3​0​/​p​a​t​r​i​m​o​i​n​e​/​l​e​-​c​o​i​n​-​d​u​-​p​a​t​r​i​m​o​i​n​e​-​b​d​-​r​o​b​e​r​t​o​-​r​a​v​i​o​l​a​-​d​i​t​-​m​a​g​n​us/ – que l’inté­rêt de Magnus pour l’Asie lui est venu en accom­pa­gnant la troupe de théâtre La Compa­gnia della Forca en tournée en Asie Mineure.
La série des Parti­sans est inspi­rée du classique chinois Au bord de l’eau qu’il met à sa sauce.
Dans un univers SF à la Flash Gordon plein de capes, d’épées et d’armures de tout horizon – Magnus est un fan transi d’Alex Raymond – le procu­reur Sung-Ming, appré­cié par les brigands pour son haut sens de la justice, tue dans un accès de jalou­sie sa femme infidèle et finit par trouver refuge chez ceux qu’ils poursui­vaient avant de parti­ci­per à une révolte générale contre un pouvoir corrom­pu.
La psycho­lo­gie des person­nages est très flottantes – comme souvent dans ce genre de récit ancien – et on découvre, éberlué, des combats farouches, des hommes sans peur et des lâches gouver­neurs. Les femmes sont toutes des garces cruelles aux courbes affolantes et Magnus, dans des planches très denses à quatre bandes, donne libre cours à ses goûts fétichistes légère­ment sadiques.
Il y a un côté too much pas toujours évident mais c’est surtout une BD de fou furieux dont il semble­rait qu’on ait perdu la recette. Allez, hop, je commande la suite.

magnus-nocturne

Tex Spécial – La vallée de la terreur (Nizzi & Magnus – Clair de Lune)

magnus-tex_02

En farfouillant pour mes achats, je me suis rendu compte que Clair de Lune venait de publier La vallée de la terreur, le dernier album dessi­né par Magnus, un pavé de 240 pages qui lui a pris les sept dernières années de sa vie.
La série Tex a été créée par Gian Luigi Bonel­li en 1948 au format fumet­ti et connait toujours un succès gigan­tesque en Italie. J’en ai sûrement lu des épisodes traduits dans les BD de poche de gare de mon enfance mais je n’en garde pas de vrai souve­nir.

Tex et son fidèle compa­gnon Kit Carson (person­nage histo­rique) sont appelés à la rescousse : une secte d’assas­sins surnom­més ”les Vengeurs” sèment la terreur dans une vallée proche de San Francis­co. Tex aura ainsi l’occa­sion de rencon­trer John Sutter (person­nage réel qui a fait fortune avant de voir la ruée vers l’or ravager ses posses­sions) et d’effroyables crapules exotiques qu’il saura remettre au pas.

Autant l’avouer, pour un premier Tex, je me suis globa­le­ment très ennuyé. J’ignore pour quel public l’his­toire est desti­née mais elle est plombée d’expli­ca­tions redon­dantes et de dialogues inter­mi­nables et l’his­toire est vraiment d’une naïve­té décon­cer­tante. Dès les premières planches, on sait qui est le méchant et, grâce au flair légen­daire de Tex, on ne peut pas dire qu’il y ait le moindre suspens. Seul au coup de théâtre très feuille­to­nesque apporte un – tout petit – peu de sel à une histoire comme en faisait dans les années 50/​60 quand il fallait tomber des scéna­rios tous les jours quasi­ment.
Plus ennuyeux, les méchants blancs meurent en prenant conscience de leurs fautes et en regret­tant le mal qu’ils ont commis alors que les Chinois et autres métèques ne comprennent visible­ment qu’une bonne volée de plomb dans les gencives. Dans le genre détail qui m’énerve, imagi­nez une armée de types planquée dans une mine… sans que personne ne remarque les éventuels convois de nourri­ture néces­saires à leur survie – le scéna­riste, dans un trip très Bondien, évacue ces néces­si­tés subal­ternes.
Mais il parait que le public d’aujourd’­hui aime les clichés les plus éculés, alors…

magnus-tex

Passons au dessin. Il semble­rait que Magnus ait été parti­cu­liè­re­ment excité par le projet (imagi­nez un auteur Belge repre­nant Tintin) et il a accumu­lé retard sur retard pour donner le meilleur de lui-même. On ne peut que rester admira­tif devant le travail effec­tué – maquette pour préci­ser l’archi­tec­ture, ambiances traitées à la hachure, cadrages cinéma­to­gra­phiques peu courants chez Magnus. Mais tout son talent ne peut pas sauver un Tex affli­gé d’un long bâton dans le posté­rieur et d’un petit chapeau assez ridicule et ne parlons par du pauvre Kit Carson qui doit se conten­ter de faire des blagues à deux balles – ils ne seraient pas gay ces deux là ? Sans compter que l’ampleur du travail a justi­fié un assis­tant que l’on croit deviner par ci par là. Je ne peux pas m’empêcher de penser que Magnus aurait pu faire d’autres choses plus excitantes ces sept années là…

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, infor­mez-moi en sélec­tion­nant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée.

Étiquettes
, ,

12 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *