Désirs exaucés .. Beauté t.1 (Hubert & Kerascoët – Dupuis)

Tout mes visiteurs connaissent et appré­cient ma rigueur, mon honnê­te­té intel­lec­tuelle, mon recul par rapport aux livres chroni­qués ici mais, pour les Keras­coët, rien à faire, fan je suis, fan je reste. Je sauve­garde fébri­le­ment la moindre image issue de leur blog et j’ai les mains moites à l’idée d’un nouvel album sorti. Il faut dire qu’ils ne sont pas nombreux les auteurs BD à chercher des nouvelles solutions graphiques, à travailler le medium tout en racon­tant des histoires lisibles par tout le monde.
Voilà donc la nouvelle série des auteurs de Miss Pas Touche comme le proclame fière­ment l’auto­col­lant de couver­ture. Il y a fort longtemps, une jeune fille laide, surnom­mée Morue rapport à son odeur (elle travaille le poisson), verse une larme sur un crapaud qui est en fait une fée. En récom­pense, elle peut faire un voeux et décide qu’elle sera la plus belle femme au monde. Sauf que si son entou­rage la voit belle, elle reste la seule à voir son vrai visage dans le miroir. Comme on pouvait s’en douter dans un conte moderne, ce cadeau est empoi­son­né et si les rêves secrets de Morue (rebap­ti­sée Beauté) se réalisent (elle est aimée du jeune seigneur), elle est devenue un objet de désir source de malheur pour ceux qui l’entourent.
Hubert donne ici un conte noir bien mené qui dépasse le cercle des lecteurs habituels de Spirou magazine avec beaucoup d’iro­nie. En s’atta­quant à une obses­sion très moderne (la beauté à tout prix), il dépasse aussi le cadre de l’his­toire pour amener quelques réflexions intéres­santes sur la nature du pouvoir de l’appa­rence. Ses couleurs font merveille, un peu sourdes et rappe­lant les illus­tra­tions d’antan. Le dessin des Keras­coët est surpre­nant et magni­fique : traité dans une ligne très claire, il rappelle un peu Dubout. En s’éloi­gnant du trait « post Sfar/​Blain », il s’accorde parfai­te­ment au thème.

les limites de l'Art

ambiance bleue

L’obser­va­teur malin remar­que­ra que certaines parties colorées rappellent le décou­page papier en se présen­tant sans contour (ce qui renforce l’effet de ”conte d’antan”). Pour cela, les Keras­coët ont peint les zones en question en vert sur leurs origi­naux pour permettre à Hubert de les traiter comme une zone normale. Vous pouvez voir l’exemple de la couver­ture ci-dessous et d’autres sur le blog officiel. En fait, j’ai été un peu déçu parce que je savais pas qu’il y aurait des couleurs classiques par dessus et j’aurai adoré voir une version bicolore noir et vert de l’album. Ah, c’est sûr, quand on est fan, on est fan.

en vert et blanc

PS ; je reçois aujourd’­hui un mail de chez Delcourt annon­çant l’acqui­si­tion d’une part majori­taire du capital des Editions Soleil. Certains parieurs viennent de perdre leur chemise…

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