Creepy presents Alex Toth (Dark Horse)

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Ce qui est bien avec une rentrée BD aussi stimu­lante qu’une couche sale de bébé, c’est qu’on se penche sur les vieille­ries comme si c’étaient des trésors incom­pa­rables qui brillent de mille feux. Et c’est bien le cas avec ce Creepy presents Alex Toth publié chez Dark Horse.

Creepy et Eerie étaient deux magazines de comics créés dans les années 60 aux USA par Warren Publi­shing. De grands noms de la BD états-unienne ont travaillé pour ces magazines dont Alex Toth. Dark Horse a rache­té la licence et publie des recueils intégrales des histoires publiées dans les revues.

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Je connais mal l’ensemble de la carrière de Toth mais j’ai l’impres­sion qu’il était à son top à cette époque et cet album propose des histoires incroyables qui font partie de l’His­toire de la BD – dont la fameuse Papa et Pi. Une partie a été publiée en français dans les recueils Comique mécanique (Icare) et Hurle­ments (Comics USA) mais il reste une bonne part à décou­vrir.
Ce sont toutes des histoires courtes horri­fiques à chute – du fantas­tiques, de la SF – et Toth en scéna­rise quelques unes. Évidem­ment, elles ne sont pas toutes réussies et certaines chutes tombent à plat mais il y a le dessin noir et blanc (et gris parfois) de Toth.
Un travail de construc­tion dans les planches virtuose à la limite du manié­ré telle­ment il cherche les angles et le cadrage parlant en contraste avec un dessin très sobre où les visages sont réduits à des formes simples (tout est dans les plis des vêtements et les ombres portées). Et, évidem­ment, cette envie d’explo­rer les possi­bi­li­tés qui donnent l’impres­sion qu’il faisait du Migno­la avant Migno­la, du Frank Miller, du Bernet voire du Guibert. Un immense déchif­freur et, franche­ment, tout appren­ti auteur BD qui s’inté­resse au dessin doit décou­vrir son travail.

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Une dernière remarque : les pages ont été impri­mées à partir de scans des magazines de l’époque et, du coup, Comique mécanique et Hurle­ments, impri­més à partir des films origi­naux, peuvent rester dans votre biblio­thèque. Le rendu est sensi­ble­ment meilleur même si le Dark Horse n’a rien de honteux.

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