Chlorophylle joue et gagne (Macherot – Le Lombard)

macherot-integrale-3-chlorophylle-couv

Les aven­tures de Chlo­ro­phylle, je les ai lues dans le plus grand désordre, au fur et à mesure de mes achats de BD d’occasion de la fameuse col­lec­tion verte. Avec la sor­tie de l’intégrale – trois tomes, n’oubliez pas – j’ai pu relire tout cela dans l’ordre et par­ti­cu­liè­re­ment les aven­tures sur l’île de Coque­fre­douille.
Un peu las­sé des champs et bois qui limitent un peu les his­toires, Mache­rot décide d’envoyer Chlo­ro­phylle et Mini­mum dans une île exo­tique… entiè­re­ment peu­plée de petits ani­maux qui vivent comme les humains, habillés, logés et voi­tures. Nos deux héros retrouvent Anthra­cite qui a l’idée ”géniale” de faire venir des car­ni­vores pour ter­ro­ri­ser la popu­la­tion locale et se faire de l’argent. Mis en pri­son, il est libé­ré par Ziza­nion le Ter­rible mais, là aus­si, nos héros sau­ront y mettre bon ordre (tout ceci est nar­ré dans Les Cro­quillards et Ziza­nion le Ter­rible).

macherot-chlorophylle-joue-gagne-couv-tintin_02
cou­ver­ture maga­zine Tin­tin
Dans La revanche d’Anthracite, on passe à une vitesse supé­rieure. Les frères Sur­boum inventent la bombe au bithure de zytron (une bombe ”propre” mais redou­table) qui tombe dans les mains d’Anthracite. C’est une his­toire assez courte de 30 planches, au des­sin assez sim­pli­fié à la demande des auto­ri­tés qui lancent des pro­jets de films d’animation. Mache­rot passe ici à une vitesse supé­rieure. Avec ses ani­maux habillés, il peut pro­je­ter sa vision iro­nique des ambi­tions humaines. C’est plein d’idées et ça va super vite, cer­tains dia­logues sont extra­or­di­naires et, évi­dem­ment, Anthra­cite est la vraie vedette de l’histoire. Il faut le voir s’épater lui-même, jouer avec son revol­ver ou accueillir les lèches bottes de tout poil une fois nom­mé au poste… de chef de la police !
Mais c’est Chlo­ro­phylle joue et gagne qui m’a don­né envie d’écrire ce billet. Débar­ras­sé des contraintes gra­phiques, Mache­rot pose ombres por­tées et hachures dans ce qui semble être son meilleur des­sin ”pre­mière période”. L’univers, oscil­lant entre Belle Époque et années 30 est savou­reux et c’est un régal de voir les tanks, uni­formes ”fas­ci­sants” et cha­peaux de conspi­ra­teurs. Chlo­ro­phylle et Mini­mum entrent en résis­tance avec l’étonnant per­son­nage de la loutre Tor­pille qui passe de jeune fille en robe à bagar­reuse qui n’a pas froid aux yeux. Mache­rot a dû prendre beau­coup de plai­sir à jouer avec Anthra­cite, aveu­glé par son désir d’attraper ses enne­mis qui va mul­ti­plier bou­lettes et ini­tia­tives mal­heu­reuses.
macherot-chlorophylle-joue-gagne-couv-tintin
cou­ver­ture maga­zine Tin­tin

Chlo­ro­phylle et Mini­mum vont reve­nir pour une aven­ture sur Coque­fre­douille mais, étran­ge­ment, c’est plus labo­rieux. Il faut dire que son humour basé sur les petits tra­vers humains ne plaît pas à tout le monde et il est plus ou moins contraint de rame­ner nos héros à la cam­pagne. Et il com­mence peut-être déjà à pen­ser quit­ter Le Lom­bard.
En tous les cas, je vais relire avec atten­tion Cha­mi­nou et le Khrom­pire.

Si vous avez trou­vé une faute d’orthographe, infor­mez-moi en sélec­tion­nant le texte en ques­tion et en appuyant sur Ctrl + Entrée.

8 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *