Bourbon 1730 (Appollo & Trondheim – Delcourt)

En dehors du copinage évident, je dois dire que j’ai pris un plaisir extrème à la lecture de cet album coscé­na­ri­sé par Appol­lo et Trond­heim. Evoquant la pirate­rie sur un mode mineur (le person­nage princi­pal arrive sur l’île Bourbon pour assis­ter à la pendai­son de La Buse, le dernier capitaine pirate d’impor­tance), Appol­lo conti­nue à travailler sur la théma­tique du change­ment de socié­té, évoquant ici le passage d’un Eden rêvé (l’hypo­thé­tique République pirate de Liber­ta­lia) à une réali­té sociale et écono­mique (l’escla­vage comme moteur dynamique de construc­tion). Les pirates abandonnent leurs rêves et les héros courrent après des chimères. Le format (288 pages) permet des digres­sions, des portraits rapides de quelques grandes gueules, encou­rage Trond­heim à des planches contem­pla­tives et forme un tout très cohérent (la vision d’un monde en devenir par petites touches). Il est très diffi­cile de deviner qui a écrit quoi mais, contrai­re­ment à ce crétin de journa­liste de Téléra­ma qui donne tout le mérite à Trond­heim (j’espère qu’il va faire une recherche Google ”crétin+journaliste+Télérama”), j’aurai tendance à mettre en avant les apports d’Appol­lo sur le projet (il faudrait un décryp­tage précis des auteurs pour savoir qui a appor­té quoi). Proba­ble­ment un des albums les plus ambitieux de ces derniers temps. Mainte­nant, Appol­lo ferait bien de s’atta­quer à un autre de ses mythes favoris : la socié­té escla­va­giste des Etats-Unis consi­dé­rée comme un Eden perdu.

promenons-nous dans les bois
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