Anne – le Royaume t.1 (Benoit Feroumont – Dupuis)

On va commencer par ce qui fait mal. Qu’est-ce que c’est que cette couverture, mais keskecéke7couverture ??? On dirait Cosette qui voit passer un avion dans le ciel et qui rêve de vacances aux Bahamas (avec des couleurs pas géniales). Et le sticker ? BD approuvée par Spirou. Bravo, magnifique ! En fait, ils n’aiment pas ça du tout, c’est pour ça qu’ils le publient dans Spirou. Ça atteint presque le niveau débilo/commercial du fameux sticker « un premier album par de jeunes auteurs » (ou un truc comme ça) pondu par Dargaud d’il y a quelques années.
Heureusement que Raoul Ketchup m’a recommandé l’album, ça rend toujours curieux. Benoît Feroumont narre ici les (més)aventures d’Anne, la bonniche du Roi, celle qui sent bon, qui fait de super tartes et qui se réfugie dans le lit dusdit Roi parce que les chouettes effraient (sors de ce corps, Degotte !). Ça plaît pas à la Reine (on peut la comprendre) qui la fiche dehors cette jeunette malgré qu’elle fut élevée avec les Princes et Princesse (qui la regrettent entre deux parties de bilboquet) (et ça explique que le Roi ne se formalise pas de coucher avec elle en tout bien tout honneur). La voilà à la rue ou plutôt devant une auberge à remplir. Un forgeron costaud mais niais tombe amoureux d’elle et j’ai oublié de parler des oiseaux qui parlent, sources de tous les malheurs d’Anne.
Vu le titre de la série, on peut imaginer que c’est le Royaume qui sera le centre de ces histoires et que Anne n’est qu’un des multiples personnages mais ça commence bien. C’est frais, enlevé, Feroumont simplifie le décor pour mettre en valeur ses personnages qui bougent bien et … vérifions un truc. J’aurais dû le deviner, il est animateur belge (c’est possible ça ?), il a notamment travaillé sur les Triplettes de Belleville, ça explique certaines poses et regards. Mais contrairement à certains de ses collègues, ce n’est pas « trop », il cherche la simplicité et ça va bien à son dessin. Les gags sont idiots, quelque fois purement graphiques, les personnages oscillent entre naïveté et bêtise (il faut voir la Reine sangloter hypocritement) et finalement on n’est pas loin des Grands Anciens genre Peyo (le bilboquet ?) ou Goscinny. Une série pour « jeunes » qui a su retrouver une innocence quelque peu malmenée par la bande à Tchô. Moi, je vais suivre ça avec intérêt (même avec une moche couverture) surtout que c’est plus un album d’introduction qu’autre chose. Au fait, en me relisant, je me demande s’il n’y a pas un sous-entendu érotique caché derrière tout ça…

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15 commentaires

  • Merci Li-an comme ça on est au moins 2 à soutenir cette excellente BD
    (qu’est-ce que tu lui trouve à la couv’ ? (un peu trop flashy)

  • A cette epoque le « string » n’était pas encore inventé on portait des culottes fendues en dentelle. Elles vont d’ailleurs s’enflammer au cour de cette album révélant…

  • J’ai découvert quelques pages en lisant (presque) par hasard un Spirou et je rejoins tout ce que tu écris. C’est plein de spontanéité et on n’a pas trop l’impression d’avoir déjà lu ça mille fois.

    Si en plus de parles de « Peyo » … ça déclenche presque un réflexe de type Pavlov (acheter … pas acheter). ;-)

  • Dans ce flot de louanges-méritées,trés-j’émettrai une seule réserve:Cette mode qui devient un peu « facilité »de prendre le sempiternel décalage époque historique/dialogues trés « jeune » contemporains.Là où Goossens parvient encore et toujours à surprendre,ici le ressort est un peu mou.Mais l’ensemble l’emporte et LE ROYAUME se lit avec beaucoup,beaucoup de plaisir!
    Quant au dessin,le talent est délicieux;dommage de ne pas enrichir les pages au profit du mouvement(Aaaah,’i chipote…)

  • Je reconnais que la « mode » du langage moderne est un peu saoûlante (j’ai lu récemment un truc qui ne m’a pas plu écrit comme ça mais impossible de me rappeler ce que c’était). Dans ce cas c’est moins génant puisque c’est un royaume d’opérette et donc moins ancré dans un réalisme historique. De plus, le texte moderne permet aussi de traduire de manière plus compréhensible la pensée des personnages. Une des raisons pour lesquelles je ne suis pas allé au bout de Deadwood vient des dialogues écrits comme de la littérature de l’époque (à part les gros mots) et que je finissais pas haïr.

    @Raymond : y’a pas un Johan et Pirlouit avec un bilboquet ?

  • je suis d’accord, li-an, c’est agréable de voir un dessinateur qui provient de l’animation et qui ne tombe pas pour autant dans les tics disneyiens. j’ai lu les quelques premières pages, c’est gentil, dans le bon sens du terme, la comparaison avec peyo n’est pas malvenue. un peu loin de mes habitudes d’achat cela dit.

  • C’était pas dans Gully, le bilboquet ?
    Le genre de question fondamentale (genre « barbe dessus ou barbe dessous ») qui va m’empêcher de dormir tant que je n’aurai pas puvérifier !

    Cette mode, c’est pas l’influence Kaamelott ?

  • @david t : moi, j’essaie justement de ne pas rester dans des habitudes contraignantes et stériles :-)

    @Totoche : c’est ce que je me suis demandé en me retournant dans mon lit moi aussi. Ça doit être Gully. Et Gaston mais bon…
    Ça commence déjà avec Sacré Graal. Et Mel Brooks. C’est même un genre dans la comédie ciné US.

  • Y a du bilboquet dans Boule et bill.Il fallait que cela fusse dit.M^me si j’ai pas vraiment vérifié.
    Mes brins d’aigreur sur LE ROYAUME(Roooh,légères)sont un peu nées de ce que Feroumont en a délaissé WONDERTOWN(sc.Velhmann)que je trouvais plus audacieux,plus personnel,plus fou;avec une écriture délicieuse et un monde prenant.(m^me sans bilboquet,oui,ça aurait été mieux)

  • Ah oui, j’avais hésité sur Wondertown. Mais là, il est seul maître à bord et c’est toujours plus excitant pour un auteur :-)

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