Dans l’espace, on ne vous entendra pas manger

Infinity 8 (Trondheim, Vatine & Bertail ‑ Rue de Sèvres)

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Quand on me parle de SF en BD actuellement, j’ai tendance à faire la moue. Évidemment, de nombreuses séries SF existent mais les graphismes privilégiés très nets tendance post-comics-manga avec moultes effets ordi me laissent froid sans compter une tendance certaine à viser un public jeune post-Star Wars. On est loin du temps de Métal Hurlant où la SF était prétexte à expérimenter graphiquement.
Du coup, Infinity 8, le nouveau projet de Trondheim et Vatine m’a donné envie d’espérer. Vatine poursuit un projet courageux d’adaptation des romans de Wul chez Ankama ‑ pour le coup de la vraie SF ‑ et Trondheim semble vouloir remettre le plat de Donjon mais en science fiction.

Pour ce que j’ai cru comprendre Infinity 8 est un projet « de scénariste ». Ce n’est pas un concept qui me plaît beaucoup puisque je préfère les auteurs complets mais bon. Trondheim va écrire l’histoire en collaboration avec différents scénaristes qui vont se succéder en partenariat et le dessin va être assumé par plusieurs artistes à tour de rôle ‑ Vatine en directeur artistique. La collection débute sous forme de comics et je viens de lire les deux premiers fascicules illustrés par Bertail. Elle passera ensuite au format album normal.

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Une fille aux gros seins

Infinity 8 est un vaisseau de croisière en chemin pour Andromède. À son bord, 880 000 passagers dont une agent de la sécurité : Yoko Keren. Qui est bonnasse et à la recherche du bon ADN pour faire un bébé. Mais voilà que Infinity 8 est obligé de s’arrêter : devant lui, un énorme rassemblement d’artefacts plein de choses et gens morts. Keren doit enquêter. Et résister aux avances d’un Kornalien amoureux dont les congénères décident de flinguer le vaisseau pour garder pour eux les bons cadavres éparpillés partout (ils sont nécrophages).

On est clairement dans de la SF « classique » à la grand-papa. Des extra-terrestres de toutes les formes qui parlent tous français et fonctionnent à un mélange pratique d’oxygène/carbone. Le début est fort sympathique avec un personnage principal féminin bien gaulé mais qui n’a pas froid aux yeux. Les dialogues sont rigolos et le dessin de Bertail qui flirte avec le mauvais goût fonctionne bien avec l’histoire.

La théorie sur les Nazis

Après, est-ce que ça va tenir la durée ? Déjà, le fascicule n°2 est un peu faiblard avec une couverture pas super sexy de Balez, une course poursuite qui se traîne un peu et le suspens est un peu mou (les Kornaliens vont-ils avoir le temps de détruire le vaisseau ? Tout le monde semble s’en tamponner un peu). Et puis les numéros à venir nous annoncent le retour de Hitler, ce qui n’est jamais bon signe d’un point de vue scénaristique ‑ ça et les zombies. Mais je veux y croire. Si ça continue, j’ai peut-être une chance de participer à l’aventure :-) J’aime bien le concept même si ça manque un poil de folie (le décorum des fascicules n’est pas aussi excitant que l’équipe assemblée pouvait laisser imaginer). Et la police de caractère informatique choisie est tellement minable qu’elle rend les numéros quasi illisibles au format comics.

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Infinity vs. Anibal

Assez bizarrement, le projet m’a rappelé une autre série publié aux Humanoïdes Associés qui n’a tenu que deux épisodes signée Jodorowsky et Bess, les deux auteurs du Lama blanc. On y suivait les aventures du très musclé et machistes agent Anibal 5 (comme Infinity 8, oui) mandaté par l’Union Européenne pour lutter contre le Mal incarné par des femmes. Ça se voulait une parodie du personnage macho James Bond et c’était surtout un peu couillon et trop bavard pour une série d’action. Je n’ai jamais eu le courage de le chroniquer.

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Anibal 5



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