Frank et le Congrès des Bêtes (Jim Woodring – L’Association)

Je ne vais pas faire mon malin, je ne vais pas faire croire que je suis le travail de Jim Woodring depuis ses débuts dans le comics en 1993. J’ai toujours feuilleté ses albums avec un peu de perplexité: son travail muet et onirique au graphisme soigné avec un personnage de Frank très inspiré par les héros des films d’animation des années 30 (gants, corps noir et nu, chaussures) me paraissait étrange sans éveiller en moi d’échos aptes à motiver l’achat. Il se trouve qu’au fameux festival de Coutances, Jim Woodring était invité d’honneur et réalisait l’affiche. Mazette quand même. Ma tite femme a donc acheté un album du délicieux monsieur aux cheveux blancs et barbichette incluse.
Dans Frank et le Congrès des Bêtes, cinquième volume publié par l’Association, Frank voit sa maison ravagée par accident et doit travailler pour payer les travaux de reconstruction. Il s’évade de l’usine avec un compère, se retrouve dans une fête foraine vide, part sur les océans dans un bateau de manège… Le personnage de Frank est une espèce de post-ado embarqué dans un trajet étrange parsemé de représentations symboliques sans qu’il y ait de véritable conséquences sur son parcours – à la fin, il retrouve son sweet home et reprend sa petite vie avec un petit plus quand même. J’ai tendance à penser qu’il faut avoir vécu sa petite jeunesse aux USA pour être en réelle empathie avec ce genre d’univers qui est cousin avec toute une iconographie surréaliste et onirique – je pense à Todd Schorr – héritage lointain de dessins animés azimuthés, du Dr Seuss ou du pays d’Oz.
En conclusion, une découverte pour moi mais je ne pense pas investir dans d’autres tomes. Pour l’instant, les ondes de Mr. Woodring ne sont pas en résonance avec les miennes.

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  • Auteur de BD et bavard impénitent | Contact | Bio/Biblio | Dernier album: La revanche du grand singe blanc (Vents d'Ouest - 2013).

    6 commentaires

    • Répondre août 20, 2012

      Tororo

      Les histoires de Jim Woodring me font parfois penser à ce fabuleux roman de Steven Millhauser, La Vie trop brève d’Edwin Mullhouse, écrivain américain 1943-1954.

      • Répondre août 20, 2012

        Li-An

        @Tororo: j’ai lu ce roman il y a fort longtemps. Il faudrait que je le relise pour savoir si c’est vrai ou pas :-)

    • Répondre août 22, 2012

      Totoche

      Moi, si Me Totoche se mettait à acheter du Jim Woodring, je m’inquiéterais quand-même un peu.
      ;)

      • Répondre août 22, 2012

        Li-An

        @Totoche: je m’inquièterai quand elle achètera du Boiscommun :-)

        • Répondre août 22, 2012

          Totoche

          @Li-An:
          Ah oui mais à ce stade il n’y a généralement hélas plus grand chose à faire.

          • Répondre août 22, 2012

            Li-An

            @Totoche: je ne veux évidemment pas parler de son talent mais de son physique :-)

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