Polar façon De Thuin

Le corps à l’ombre (David De Thuin – Glénat)

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David De Thuin fait partie des auteurs qui me font faire « chouette » quand je vois un de leurs albums et je me retrouve à la caisse sans avoir réfléchi une seconde s’il me restait de l’argent sur mon compte… Ce qui est de plus en plus rare – dans les deux cas.

Après un peu satisfaisant La proie en ce qui me concerne, j’étais curieux de le retrouver dans une histoire plus classique.

Drazig est un lycéen qui a perdu sa mère il y a quelques mois et qui est livré à lui-même. Heureusement son entourage est très présent et tente de l’aider. Malheureusement, plusieurs jeunes filles sont assassinées et Drazig peut être suspecté.
Bon, c’est du De Thuin, ne vous attendez pas à du Engrenages avec flics grimaçants et lycéennes droguées et prostituées. Drazig ne peut pas s’empêcher de mener une enquête qui va le ramener à sa mère – il y a eu déjà une série de meurtres il y a vingt ans – mais ça se passe tranquillement, entre deux discussions avec les copains et le début d’un flirt.

La qualité de De Thuin c’est son écriture – quoique j’aime beaucoup son dessin qui n’a jamais été aussi Macherot avec tous ces personnages animaliers qui ne respectent pas l’ADN (ce n’est pas parce qu’on a un père grenouille qu’on n’a pas le droit d’être un cochon) – et on s’attache au personnage de Drazig, ses angoisses, ses doutes, son besoin de se reconstruire. De manière assez maligne, l’histoire se clôt avec la révélation d’une énigme cachée dans l’histoire.

Je pense que les fans vont adorer – moi j’ai beaucoup aimé. Il y a dans les albums de De Thuin le confort de la BD franco-belge d’«avant» sans le côté fétichiste vaguement commercial exploité par les éditeurs. Une BD douce-amère qui ne se fiche pas de vous et ne regarde pas son nombril.

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  • 6 commentaires

    • Je réagis pareillement devant chaque parution de David Dethuin;c’est un bonheur que de le suivre depuis ses premières histoires.
      De temps en temps il publie encore des histoires courtes et mini-récits pour Spirou qui continuent de me remuer.
      Difficile,hein,de dire vraiment ce qui m’y attire autant;je ne veux pas trop analyser,décortiquer la « bête »..!

      • Je pense que son héritage franco-belge fait beaucoup dans le plaisir de le lire. On y retrouve des parfums des lectures d’enfance.

    • A propos de Macherot, n’est ce pas son frère, Denis (Netch) qui travaille sur une reprise de Sibylline avec François Corteggiani ?

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